Publié le 20/04/2022 par PCF

Lettre du secrétaire général du MJCF aux adhérent.e.s

Je tiens tout d’abord à féliciter et remercier l’ensemble des militantes et militants du MJCF pour cette très belle campagne.

Nous n’avons pas démérité, loin de là. Inconnu il y a encore quelques mois, Fabien Roussel a fait une entrée fracassante sur le devant de la scène politique. Grâce au travail acharné des militantes et militants nous avons permis au mouvement communiste d'exister à nouveau dans le paysage politique national. Si nous n’avions pas été là, qui aurait porté des aspirations populaires dans la campagne ? Qui aurait parlé dès le début du pouvoir d’achat, de la jeunesse, de l’écologie populaire ?

Les résultats peuvent paraître décevants à plus d’un titre. Moi aussi j’aurais espéré un meilleur résultat pour Fabien Roussel, mais aussi pour toute la gauche. Car si la gauche progresse dans sa globalité, la percée historique de l’extrême droite empêche une nouvelle fois la gauche d’accéder au second tour.

Pourtant, notre score du premier tour ne rend pas compte du nombre de Françaises et de Français qui ont été convaincus par notre discours. Sur les derniers jours de la campagne, la spirale du vote utile a aspiré une bonne partie de l'électorat de Fabien Roussel au profit de Jean-Luc Mélenchon.    Ce dernier est certainement allé au plus loin de sa capacité à capter un “vote utile”. Les plus de 800 000 électeurs qui ont fait le choix de Fabien Roussel n’auraient probablement pas voté pour Jean-Luc Mélenchon sans notre candidature. Dans un contexte où 12 millions de nos concitoyens ont boudé les urnes, rejeter la faute sur l'électorat communiste est irresponsable.

J’aimerais vous adresser ce message. Camarades, ne laissez personne vous dire que vous êtes responsables de l'impossibilité pour la gauche d’accéder au second tour de l'élection présidentielle. Ne laissez personne vous dire que vous seriez responsables de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir. Lorsque vous êtes les seuls à militer devant les lycées, sur les universités, où sont-ils ceux qui vous donnent des leçons aujourd’hui ? Tout au long de l’année, nous sommes souvent les seuls à tenter de redonner espoir à la jeunesse, à permettre aux jeunes de s’organiser, à reconstruire une gauche populaire. Alors non, nous n’avons pas fait perdre la gauche. Au contraire, nous sommes l’honneur de la gauche, par notre travail de terrain méticuleux et minutieux, notre travail militant du quotidien, nous sommes l’espoir de la reconstruction de la gauche.

Nous ne nous contentons pas d’être présents tous les cinq ans pour appeler à voter pour un candidat, nous construisons au plus près des réalités des jeunes l’organisation capable de conquérir le pouvoir. Cette force collective que nous avons mobilisée pleinement durant cette campagne présidentielle nous a permis de mettre en avant de manière inédite notre organisation de jeunesse. Ce travail est certainement moins médiatique, moins remarqué sur les réseaux sociaux, mais il est ô combien plus essentiel que les gesticulations post-élections actuelles.

Ce travail de terrain acharné a permis à des centaines de jeunes de nous rejoindre tout au long de la campagne. Cette visibilité accrue nous a permis de rayonner, bien au-delà de nos réseaux militants. Nous dénombrons également la création de plusieurs fédérations sur les deux derniers mois. Je tiens à leur souhaiter au nom du MJCF la bienvenue.

Lorsque je vois le travail accompli, notre force militante, notre intelligence collective, laissez-moi vous dire comme je suis fier d'être à la direction de cette très belle organisation.

Des dizaines de milliers de jeunes peuvent passer le pas et nous rejoindre. Dans un contexte où l’extrême droite est aux portes du pouvoir, où les droits des jeunes se retrouvent sapés par des décennies de politique libérale, nous avons plus que jamais besoin du MJCF. Plus que jamais, il nous faut construire une société d’égalité, féministe, antiraciste. Une société de partage, de solidarité et d’épanouissement de chacune et chacun.    Une société communiste.

Pour réussir cette révolution, les jeunes de ce pays ont besoin du MJCF.

Alors, chers camarades, ouvrons nos locaux, allons même à la rencontre des jeunes, échangeons avec eux, organisons des débats et proposons-leur de nous rejoindre.

Reprenons notre avenir en main et proposons aux jeunes du pays de s’engager avec nous, avec nos différences, mais tous ensemble vers un même idéal.

Je sais pouvoir compter sur vous pour relever ce défi.

 

Léon Deffontaines,

secrétaire général du MJCF