Publié le 25/11/2020 par PCF

LPR : Précariser nos enseignants, c’est précariser nos études

Après le vote de la très contestée Loi de programmation de la recherche (LPR), les syndicats et les organisations de la communauté universitaire ont appelé à la mobilisation ce mardi face à ce projet de destruction de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Le mardi 17 novembre, malgré l’opposition de la grande majorité de la communauté universitaire, le gouvernement a fait voter en plein confinement la LPR. Un mépris quant aux mobilisations qui ont eu lieu en février et mars derniers et qui avait été mis à l’arrêt par la Covid-19. Refusant d’écouter les revendications légitimes du monde universitaire, la ministre de l’Enseignement supérieur a profité de l’été et de la rentrée sur fond de crise sanitaire pour passer sa réforme en catimini.

Le projet de LPR est un énième projet libéral pour briser le service public de l’Enseignement supérieur et de la recherche en favorisant une fois de plus la précarité et la pénétration du marché dans les lieux de savoir. Cette loi va renforcer le rôle du privé dans les financements de la recherche en mettant en avant les appels à projets, accompagnés par la création de CDI projet précaires, à la place des statuts jusque-là protégés des maîtres et maîtresses de conférences. De plus, la loi prévoit de mettre en place un recrutement localisé des enseignants et enseignantes agrandissant encore plus les fractures entre les universités. En précarisant ainsi nos enseignants, c’est la qualité des formations et des diplômes qui est directement atteinte.

La dérive sécuritaire du gouvernement s’est aussi exprimée dans ce texte avec le rajout d’un amendement stipulant que « le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement supérieur sans y être habilité […] ou y avoir été autorisé par les autorités compétentes, dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement » est passible d’un an de prison et de 7 500 € d’amende – et jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende pour des faits commis en réunion. Cet amendement a pour objectif de briser toutes tentatives de mouvements sociaux à l’avenir. La République en marche cherche à dépolitiser les universités et d’empêcher les étudiantes et étudiants de s’organiser afin de faire taire les possibles contestations aux réformes.

Ce projet est bien compris ! C’est bien celui de la destruction du service public de l’Enseignement supérieur et de la recherche ainsi que de la démocratie universitaire.

Partout en France, l’Union des étudiantes et étudiants communistes a participé aux mobilisations du 24 novembre aux côtés des syndicats pour l’abrogation de la LPR.

Au-delà de l’abrogation de cette loi, l’UEC revendique un investissement massif dans l’Enseignement supérieur et la recherche. Depuis trop longtemps ce service public est laissé à l’abandon et pâtit des différentes politiques libérales. Il faut mettre fin aux filières saturées. Cet investissement doit non-seulement permettre de créer et rénover de nouveaux locaux mais également de recruter, former et rémunérer à leur juste valeur des enseignantes et enseignants. Cet investissement est une garantie pour assurer des formations de qualité sur l’ensemble du territoire et la continuité du service public.

Léon Deffontaines, secrétaire général du MJCF