Des lycéens toujours mobilisés rejoints par les étudiants

Publié le 21 octobre 2026

Si l’on ne regarde que le nombre d’établissements bloqués, bien qu’ils soient encore près de 200 d’après les chiffres du ministère de l’Éducation, on pourrait penser, comme le gouvernement semble en faire le calcul, que le mouvement des lycéens est en recul. 

À bien y regarder, la mobilisation, mardi 13 octobre, restait à un niveau élevé avec des lycéens de près de 900 établissements sur les 2 400 d’enseignement public que compte la France hexagonale. 

Les manifestations de ce samedi 17 octobre ont vu converger les revendications des lycéens et celles contre la vie chère. C’est ce que redoutait le gouvernement et qui explique ce qui semble être une stratégie du chaos. 

La politique du maintien de l’ordre, les dégradations et les violences commises ont choqué, mais la colère reste entière et les raisons de manifester, après l’allocution présidentielle, d’une grande actualité. 

Il est notable que lors de ce mouvement les élèves de lycées professionnels se sont fortement mobilisés. En cause, l’état des locaux, le manque de professeurs remplaçants dont souffrent ces établissements, particulièrement ceux de territoires populaires. Mais aussi les difficultés à trouver des stages, les conditions dans lesquelles ils se déroulent renforcent leur mécontentement. Enfin, le sentiment d’abandon, de déclassement, d’être invisibilisés n’est sans doute pas étranger à la mobilisation des lycéens de la voie pro, sentiment qui est partagé par une grande partie de la classe travailleuse. 

Les annonces du ministre, assurant de l’arrivée prochaine de 3 000 professeurs, paraissent peu crédibles, sauf à imaginer des redéploiements de personnels ; et quand bien même la suppression en vingt ans de 66 000 postes d’enseignants, dont 10 000 ces dix dernières années par les gouvernements Macron, alors que les enfants du babyboom des années 2000 arrivaient au lycée, ne peut être palliée en quelques jours. 

C’est la raison pour laquelle, dans son plan pour la jeunesse, le PCF avance la volonté de recruter 90 000 enseignants sur 5 ans. C’est ce qu’il faut pour reconstituer un service de remplacement et baisser le nombre d’élèves par classe, la France étant parmi les pays de l’OCDE dont le taux d’encadrement des élèves est le plus bas. 

Au-delà de la question des personnels, l’état du bâti scolaire, son inadaptation au changement climatique, sa vétusté générale été comme hiver sont aussi sur la sellette. Avec de grandes disparités entre les régions, plus de 1 000 euros d’écart par élève et par an entre les régions les plus volontaires et l’Île-de-France, dernière des régions, précédée par la région PACA et les Hauts-de-France, trois régions à droite. 

Les étudiants rentrent dans le mouvement

Ces derniers jours, les cortèges de manifestants ont été renforcés par les personnels de l’Éducation nationale, mais aussi les étudiants avec plus de la moitié des universités mobilisées la semaine dernière. 

L’opinion publique partage les demandes des lycéens. 

Il est à noter aussi, que les principales revendications lycéennes sont approuvées par une majorité de nos concitoyens. Selon un sondage paru dans les Échos, une majorité de Français soutiennent la demande de profs du mouvement lycéen, partagent l’idée qu’il faut que l’État et les régions mettent des moyens dans la rénovation des locaux, et seuls 28 % des sondés considèrent que Parcoursup doit être maintenu. 

En revanche ils sont une minorité à penser qu’il y a trop d’heures d’enseignement. Malgré le matraquage médiatique qui caricature ce mouvement, le fait que sur le temps de la scolarité obligatoire les élèves de France ont perdu l’équivalent de près de 2 années de scolarité et que cela aggrave les inégalités semble faire son chemin. 

Parcoursup, l’individualisation des parcours, la perte d’heures de classe de la maternelle jusqu’au bac ont contribué à aggraver les inégalités sociales de réussite scolaire depuis 15 ans et il y a dans ce mouvement une prise de conscience forte de ces inégalités et un sentiment profond d’injustice, notamment vécu par les élèves de la voie professionnelle. Ce qui explique leur mise en mouvement à un niveau inédit. 

Nul ne peut dire aujourd’hui ce que sera le mouvement au retour des vacances scolaires, mais la mobilisation générale du 17 et la journée d’action intersyndicale du 5 novembre offrent des perspectives de reprises et d’élargissement du mouvement à des questions sociales présentes dans toutes les têtes aujourd’hui. 

Le PCF, la commission Éducation du Parti restent mobilisés auprès des lycéens pour mettre entre leurs mains les propositions des communistes pour la jeunesse au travers du plan présenté à la presse la semaine dernière par Fabien Roussel.

Sébastien Laborde
membre du CN

Article publié dans CommunisteS, numéro 1105 du 21 octobre 2026

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