International publié le 01/06/2021

Mali, nouveau coup de force, nouvel échec. L’urgence de changer de politique.

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Le nouveau coup de force des militaires au Mali signe un nouvel échec collectif notamment celui de la force Barkhane et de la mission de formation de l’Union européenne (EUTM). Les officiers supérieurs impliqués dans ces évènements sont les produits de diverses « réformes » de l’armée malienne pilotées par la France et l’Union européenne.

Cette nouvelle aventure militariste survient alors que le Mali, plus encore que ses voisins, souffre d’une absence totale de transformation de son économie extravertie, alors que le pays aurait besoin d’aller vers une organisation économique qui mobilise ses ressources internes en vue de satisfaire les attentes primordiales de la population. De ce fait, le Mali se fragilise du point de vue intérieur et se place en position de dépendance totale envers l’extérieur.

Le récent soutien de la France au coup d’État familial et militaire au Tchad n’est sans doute pas pour rien, non plus, dans l’attitude des militaires maliens.

Compte tenu de cela, quel crédit donner à la parole de notre pays quand il dénonce le coup de force au Mali ?

Cette situation alimente également le danger « djihadiste » que Barkhane n’a pas éradiqué, bien au contraire. Face au désastre il ne s’agit pas seulement de faire des déclarations de principe mais de souligner l’urgence absolue de changer de braquet.

Il faut créer les conditions d’un départ programmé de nos troupes, afin de lui substituer un nouvel agenda politique, économique et de sécurité pour le Mali et la région. Ce calendrier du retrait doit être discuté avec le Mali, l’Union africaine et l’ONU ; il doit en outre s’adosser à une nouvelle réponse multilatérale et africaine en matière de sécurité et à un nouvel agenda de coopération.

Dans l’immédiat notre appui militaire doit être recentré sur le soutien aux armées locales, en retenant la formule d’un comité d’état-major conjoint des forces africaines qui exclue les puissances étrangères.

Il faut aussi, sans attendre, que le Mali bénéficie de Droits de tirage spéciaux qui serviraient à renforcer ses capacités de mobiliser ses ressources internes. Mais cela ne suffira pas et la crise souligne l’urgence de mécanismes internes, notamment monétaires, qui visent à en finir avec une économie ainsi que des classes dirigeantes complètement extraverties et au service exclusif d’intérêts privés intérieurs et extérieurs.

A défaut c’est le chaos qui s’étendra encore davantage au Mali et ailleurs en Afrique de l’Ouest. Le Parti communiste français soutient toutes celles et ceux qui souhaitent avancer vers des solutions démocratiques et de progrès social au Mali.

Parti communiste français,
Paris, le 1er juin 2021