International publié le 30/10/2020

Plus que jamais, agir pour une juste solution de la question chypriote

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Le résultat des élections dans le territoire occupé de Chypre du nord des 11 et 18 octobre 2020, avec l’élection, certes étriquée, d’Ersin Tatar le candidat soutenu par la Turquie, est une mauvaise nouvelle pour le peuple chypriote. Ce résultat a été obtenu au prix d’ingérences et de provocations inadmissibles de la part d’Ankara : pressions sur les électeurs, violation du droit international dans le district côtier de Varosha à Famagouste.

Cette élection peut avoir des conséquences néfastes sur le processus pouvant conduire à une réunification de Chypre. En effet, le nouvel élu a manifesté son désaccord avec le cadre convenu –sous l’égide de l’ONU-pour la solution de la Question chypriote, à savoir une Fédération (bizonale et bicommunautaire), jusqu’ici accepté par les précédents représentants de la communauté turco-chypriote ; cadre dans lequel s’inscrit une très grande majorité des chypriotes toutes communautés confondues. C’est d’ailleurs pourquoi il est très important de faire en sorte que, malgré ces circonstances adverses et le positionnement outrancier d’Erdogan qui envisage ouvertement une solution à deux Etats ; la communauté internationale puisse favoriser une réouverture des négociations – bloquées depuis trois ans et demi – sur la base du respect du droit international et de la souveraineté de la République de Chypre.

Cette élection intervient également dans un contexte où la Turquie joue un rôle central dans l’exacerbation et l’escalade des tensions notamment en Méditerranée orientale : atteintes à la démocratie, à l’état de droit et violation des droits souverains des états voisins. En témoignent ses interventions illégales dans les zones gazières d’exploitation exclusive de la République de Chypre et de la Grèce ou encore ses interventions guerrières en Syrie et en Libye. La Turquie s’inscrit ainsi dans la concurrence inter-impérialiste – sous l’égide de l’Otan – pour le contrôle hégémonique de cette région.

Dans ce contexte, l’Union européenne devrait s’appuyer sur les principes du droit international et des valeurs démocratiques qu’elle prétend défendre, pour faire pression sur la Turquie au lieu de s’inscrire dans cette concurrence et confrontation qui ont fait de cette région de la Méditerranée orientale une des zones les plus conflictuelles du monde.

Le PCF exprime sa solidarité avec de ses camarades d’AKEL qui luttent depuis 45 ans pour une juste solution de la question chypriote ; pour que s’achève ainsi l’occupation d’une partie du territoire de leur pays par la Turquie ; qui œuvrent également avec les autres forces progressistes chypriotes et des pays de cette Région, pour faire de la Méditerranée une zone démilitarisée de paix, de coopération et de stabilité pour les peuples.

José Cordon
membre de la commission des Relations internationales-Europe du PCF