Publié le 13/10/2021 par PCF

Pour des campagnes vivantes et une ruralité heureuse

La première étape des Rencontres des Jours heureux s’est déroulée mercredi 6 octobre 2021 à Billom dans le Puy-de-Dôme à l’issue d’une journée de rencontres de Fabien Roussel sur le Sommet de l’élevage, où le candidat communiste à l’élection présidentielle était accompagné d’André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme et de Jean-Paul Dufrègne, député de l’Allier.

Près de 500 personnes se sont retrouvées le soir pour cette entrée en « campagne » réussie, avec une première partie d’échanges avec les participants, suivie de la présentation des premières propositions consacrées à l’agriculture, à l’alimentation et à la ruralité.

Sur le volet agricole, Fabien Roussel a d’abord appelé à « déconfiner le débat sur les prix et les revenus des agriculteurs et des paysans ». Pour chaque production, il propose d’instituer « une conférence annuelle avec les représentants des syndicats agricoles, l’État, les producteurs, les transformateurs et les distributeurs, pour fixer, publiquement et en amont des négociations commerciales, un prix de référence. », d’instaurer un droit d’alerte en cas de baisse des prix d’achat ne couvrant pas les coûts de production et de « renforcer le pouvoir d’intervention de l’Etat » jusqu’à encadrer les marges de la distribution par l’application d’un coefficient multiplicateur entre les prix d’achat et de vente.

Dans le prolongement des revendications du monde agricole, Fabien Roussel entend faire de la lutte contre les importations déloyales une priorité politique, rappelant que « 75 % de la viande servie en restauration collective (50 % dans les cantines scolaires) et 50 % des légumes consommés dans le pays sont importés. » Non seulement il s’agit de mettre un terme aux accords de libre-échange pour ne plus dépendre d’importations qui font baisser les prix et ne respectent quasiment jamais les normes françaises, mais il faut inscrire « dans la loi le principe de réciprocité : les produits qui ne respectent pas les normes exigées des producteurs français et européens n’ont pas leur place sur nos marchés ! » Seul un véritable contrôle des produits grâce à « une police sanitaire et environnementale » pourra permettre de lutter efficacement contre les dérives actuelles et la croissance de notre dépendance alimentaire.

Pour produire bon et sain, nous avons besoin d’agriculteurs. Alors que notre pays compte aujourd’hui 435 000 agriculteurs (soit un recul de 25 % en 10 ans), Fabien Roussel a rappelé l’ampleur du défi agricole qui se pose au pays puisque « la moitié d’entre eux devrait prendre sa retraite d’ici 2030 ». Il a appelé à faire vivre une agriculture humaine et écologiquement performante, en exigeant une meilleure répartition des aides de la PAC afin qu’elles profitent aux structures de taille familiale et avec l’objectif de « 500 000 agriculteurs en 2030 » sans lequel il n’y aura pas de transformation de notre modèle agricole. Pour cela, il a appelé « à mettre sur pied un modèle public d’enseignement agricole adossé à un plan de diffusion des apports de la recherche agronomique et à la création de postes d’enseignants et formateurs ».

Rappelant sa volonté de nationaliser AXA, Fabien Roussel est également revenu sur la gestion des aléas climatiques et la prévention des risques en agriculture. À rebours du système assurantiel privé promu par Emmanuel Macron, il appelle à déployer « une assurance publique pour tous les agriculteurs, avec une caisse gérée par la profession agricole et l’État » sur la base de la proposition de loi déposée en avril 2020 par les députés communistes « pour un régime public de gestion et de prévention des risques ».

Et d’appeler après le Sommet de l’Elevage à soutenir les éleveurs qui font vivre leurs bêtes « sur des hectares de prairies, base d’aliments de qualité qui contribuent à la vitalité de nos territoires, à la beauté de nos paysages et au maintien de la biodiversité ».

Le deuxième volet de son intervention était consacré à la question alimentaire avec l’objectif de « manger sain et à sa faim ». Fabien Roussel a rappelé que l’accès à une alimentation de qualité, équilibrée et nutritive pour 67 millions de Français doit être « une des grandes ambitions du prochain quinquennat et un droit fondamental ». Il propose la création « d’un Fonds alimentaire national doté de 10 milliards d’euros annuels » pour « généraliser les repas à 1 euro dans les cantines scolaires » et assurer des débouchés aux productions nationales grâce à une taxe sur les revenus financiers des multinationales de l’agroalimentaire et de la restauration hors-domicile. Cette proposition doit être accompagnée d’une refondation de la PAC pour la transformer en PAAC, politique agricole et alimentaire commune, « une politique qui irait de la terre à l’assiette » et doit commencer par la réunion « d’une conférence européenne sur la souveraineté alimentaire » dès le début du mandat.

Enfin, le candidat a développé sa vision « des ruralités » autour de l’enjeu de bien-vivre et de travailler dans nos campagnes. Beaucoup d’entre nous aspirent « à pouvoir vivre et travailler » dans nos territoires ruraux. Mais les difficultés d’accès aux soins, à l’emploi, à l’école, à la culture, aux transports publics, aux bureaux de poste, aux trésoreries n’ont jamais été aussi grandes. À l’opposé de la vision libérale de la campagne comme réservoir d’économies et espace récréatif au service des métropoles, « défendons des ruralités vivantes pour répondre aux défis sociaux et climatiques du siècle ! » avec le maintien de nos services publics « essentiels pour maintenir l’attractivité et l’installation sur tous les territoires ».

Fabien Roussel a conclu l’échange en revenant sur l’ancrage dans la vie municipale et communale du PCF avec ses élus qui se battent contre la baisse des moyens et des compétences des communes. Il a appelé à la reconquête d’une politique d’aménagement du territoire qui permette « d’irriguer plutôt que de concentrer » avec l’engagement « d’augmenter les dotations de fonctionnement » et le lancement « d’un programme de rénovation et de construction de logements ruraux ».