Pour une mobilisation sociale massive, joyeuse et déterminée

Publié le 04 novembre 2026

La survenue d’un mouvement social d’ampleur à seulement six mois de l’élection présidentielle ne manque pas de surprendre. Mais elle est aussi le signe d’une urgence populaire qu’aucun calendrier électoral ne saurait étouffer.

La tripartition de l’Assemblée nationale et l’incertitude permanente d’une majorité capable de répondre aux besoins élémentaires du pays ont affaibli l’espoir d’une solution rapide issue des urnes. Face à l’urgence sociale, à l’inflation et à la casse de nos services publics, beaucoup ne veulent plus attendre. C’est cette absence de perspective politique immédiate qui peut expliquer la convergence inédite dans l’action de catégories aux statuts bien différents — patrons et salariés — comme d’électorats disparates, de l’extrême droite à l’extrême gauche, s’en disputant parfois le leadership.

Comprendre cette impatience populaire, éminemment légitime, est une chose. En revanche, une colère sans boussole et sans revendications clairement progressistes court un grand danger. Surtout si les violences venaient à prendre le dessus    : un tel chaos ne ferait que conforter les partis d’ordre, cette droite de moins en moins républicaine et cette extrême droite qui tire profit de chaque dérapage en marge de nos manifestations.

C’est pourquoi il nous faut faire le tri et séparer le bon grain de l’ivraie. Pour les communistes, l’enjeu du 5 novembre est clair : nous devons soutenir sans réserve les revendications des travailleuses et des travailleurs, tout en donnant à ce mouvement une orientation politique émancipatrice.

Le 5 novembre doit être le moment d’une mobilisation massive, joyeuse, calme et profondément déterminée. Elle doit s’exprimer avec force dans les entreprises par la grève, comme dans la rue par des manifestations populaires et organisées. Seules les organisations du mouvement social et le mouvement syndical sont en mesure d’ancrer ces luttes dans le temps et d’éviter les pièges de la provocation.

Face à la réaction qui s’accélère à coups de projets de loi liberticides et d’attaques sans précédent contre le droit de manifester, la réponse ne peut être le repli ou la violence aveugle. La réponse doit être le nombre, la solidarité et le contenu politique.

D’ici l’élection présidentielle, le Parti communiste français porte un programme fort, structuré et répondant aux urgences du présent : l’augmentation générale des salaires, la défense du pouvoir d’achat, la justice fiscale et la réappropriation publique de nos biens communs.

Le 5 novembre, soyons dans la rue pour faire entendre la voix du monde du travail, imposer le progrès social et construire l’alternative démocratique dont notre pays a tant besoin.

Nadège Plaineau
membre du Conseil national

Article publié dans CommunisteS, numéro 1107 du 4 novembre 2026

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