Publié le 17/02/2021 par PCF

Présidentielle 2022  – Le débat des communistes

CommunisteS entend se faire l’écho du débat dans le Parti sur la présidentielle. Un site dédié s’est d’ailleurs ouvert cette semaine. Nous en évoquerons ici les principales thématiques. Dans le présent numéro, nous poursuivons la publication d’extraits d’interventions au CN du 30 janvier dernier qui portaient sur 2022 (l’intégralité de ces interventions se trouve dans CommunisteS du 10 février).

Nathalie Simonnet – Seine-Saint-Denis

Le second élément qui me fait réagir est le sondage qui donne Marine Le Pen à 48 % au second tour de l’élection présidentielle. Certes, ce n’est qu’un sondage. Mais c’est un élément de la situation politique que nous ne pouvons ignorer. Car au-delà des chiffres, ce sondage doit nous pousser à approfondir notre réflexion sur la situation politique. Elle peut malheureusement basculer vers le pire. Un certain nombre d’éléments en sont désormais réunis : angoisse, peur du lendemain, recherche d’ordre, de boucs émissaire, divisions, repli sur soi, manque de perspectives et d’espoir… Je pense qu’il nous faut prendre en compte la gravité de cette situation et, à partir de son analyse la plus fine, réfléchir à notre rôle pour la faire évoluer et à notre utilité dans cette situation. Bref, réfléchir aux enjeux de 2022 en termes de devenir pour notre pays et pour notre peuple. Nous ne pouvons pas partir avec l’idée que la situation est figée et que nous ne parviendrons pas à la faire bouger. Notre rôle est de chercher à rouvrir de la perspective, à redonner espoir. Car malgré les désillusions qui sont fortes, 2022 est vécu par les Français comme un moment politique qui peut faire bouger les choses. Je partage donc l’idée du rapport d’engager en grand la réflexion dans notre parti pour travailler en ce sens et décider de notre positionnement dans la perspective des échéances de 2022.

Christian Picquet – Haute-Garonne

Rien n’est joué, les débats politiques évoluent sans cesse, les fragmentations s’accompagnent d’un début de reclassements. C’est particulièrement vrai à droite, mais cela existe également à gauche. Parce que les enjeux sont de cette nature, la réponse à gauche ne peut être simplement résumée à des formules bricolées d’alliance des faiblesses de chacun. Et elle ne peut consister en un ralliement à une candidature autoproclamé rassembleuse, en fonction des résultats de sondages aléatoires ou des supposées proximités idéologiques que nous aurions avec tel ou tel. Parce qu’elles ne s’emploient pas à prendre les problèmes de la France à la racine, ce genre de solutions ne peut sortir la gauche de l’état de déréliction historique où elle se trouve. Rouvrir le chemin à une solution d’espoir suppose trois conditions. D’abord une visée stratégique clairement affirmée : la reconquête du monde du travail au sens large, dans la mesure où, sans lui, aucune majorité politique ne pourra voir le jour. Ensuite, un programme pour la France, dont les grands axes puissent apparaître à une large échelle porteurs d’une issue crédible à la crise. C’est-à-dire d’un programme qui parte de l’état des consciences, autant que des attentes qui apparaissent majoritaires dans la société, pour tracer l’horizon d’une rupture avec les logiques dominantes. (…) Enfin, troisième condition, une force pour porter cette visée jusque dans le cadre de l’élection présidentielle. S’il y a besoin d’une candidature communiste à ladite présidentielle, ce n’est pas seulement dans une logique d’affirmation de notre identité. C’est parce qu’il s’agit du moyen incontournable de peser sur la reconstruction d’une gauche réellement porteuse d’une perspective de changement.

Igor Zamichiei – Paris

Le travail de ré-identification du Parti dans la société française que nous appelions de nos vœux au dernier congrès a bel et bien commencé. Ce n’est pas rien. C’est même beaucoup dans une situation aussi instable et complexe que celle que nous vivons. La deuxième, c’est qu’initiative après initiative, nous sommes en train de créer les conditions d’une influence nouvelle du PCF dans le pays. Non pour nous-mêmes mais pour celles et ceux qui sont exploité·e·s et dominé·e·s. Le travail qui reste à produire est néanmoins immense. Nous avons encore de nombreux obstacles à franchir pour être à la hauteur des défis à relever pour le pays. (…) Parallèlement, nous devons identifier les points d’appuis, nombreux, malgré la gravité de la situation, pour faire progresser notre ambition : des idées importantes progressent, comme le fait que la soumission aux intérêts privés est un frein à la réponse aux besoins et que la santé doit être un bien commun ; des mouvements sociaux existent dans la santé, l’éducation, la jeunesse, l’industrie…, il faut les amplifier en dialoguant avec leurs acteurs ; des avancées sont arrachées au pouvoir, Fabien en a cité dans son rapport, il en faut de nouvelles. J’ai la conviction que si nous voulons désormais franchir une étape supplémentaire, alors nous devons présenter une candidature communiste à la présidentielle et prendre appui sur la dynamique politique que nous serons en capacité d’impulser pour placer toutes les forces de gauche devant leurs responsabilités et travailler pour les législatives à construire une majorité basée sur un projet partagé de rupture avec les politiques du quinquennat Macron et d’innovation sociale, écologique et démocratique.

Sébastien Laborde – Gironde

Il faut bâtir des majorités autour non pas des questions de classe, mais de valeurs, d’affects ou de questions sociétales. Cela a contribué à l’affaiblissement de la gauche, en lien avec des stratégies électorales qui intègrent l’abstention comme une donnée contre laquelle on ne peut rien. Et c’est ce avec quoi la gauche doit rompre, et c’est cette incapacité à s’adresser à celles et ceux qui subissent les conséquences de la crise et des politiques menées qui conduit au niveau auquel se trouve le RN pour la présidentielle notamment. Appeler à une candidature unique de la gauche pour battre Macron, ce n’est pas, je trouve, au niveau de l’ambition de reconquête idéologique et politique nécessaire. Doit exister dès maintenant une ambition de refondation de la gauche, de reconstruction, sans préjuger du temps que ça prendra, et en faisant de 2022 un moment particulier. Donc c’est je crois autour de ces questions que nous devons donner à voir le sens et l’utilité d’une candidature communiste, et c’est le débat que nous devons avoir dans le Parti d’ici à la conférence nationale.

Marie-Christine Burricand – Rhône

Alors que nous entrons dans une nouvelle période historique, comment le PCF pourrait-il s’effacer ? C’est pourquoi, je crois qu’une candidature issue du Parti communiste français à la prochaine présidentielle est un élément essentiel pour modifier la situation politique et démocratique, le rapport de force dans le pays et, de fait, renouveler l’offre politique à gauche. Et, pour moi, cette candidature est celle de Fabien Roussel car il a engagé un travail important pour reconstruire nos liens avec le monde du travail et les catégories populaires. Sur les conditions de la conférence nationale ; 1 000 délégués, cela rend obligatoire d’aller vers les communistes et notamment les sections, c’est un gage de démocratie. Cela va nous demander beaucoup de rigueur en amont pour que le débat se passe bien, mais c’est la bonne jauge. Je suis favorable à ce que l’appel à candidatures soit fait aujourd’hui parce qu’il est un élément du débat important.

Antoine Guerreiro – Val-de-Marne

Depuis 2017 les électeurs de gauche ont un cauchemar, la réédition en 2022 du scénario Macron vs Le Pen. Une part grandissante d’entre eux ne veut plus voter Macron, même pour faire barrage à l’extrême droite. Et, dans le même temps, personne ne conçoit de laisser les fascistes prendre le pouvoir. Cela veut dire, mathématiquement, qu’une question va s’imposer progressivement dans les têtes, jusqu’à devenir écrasante la veille du second tour : « il faut porter un candidat de gauche en tête, pour avoir une chance ». Si les forces de gauche ne se mettent pas d’accord, les électeurs·trices vont donc choisir eux-mêmes un·e heureux·se élu·e… et tout le reste des candidats·es (y compris nous avec la superbe campagne que nous aurons sûrement menée) sera réduit en bouillie. C’est une réalité désagréable, mais incontournable. 

 

Les contributions à la conférence nationale des 10 et 11 avril 2021 peuvent être déposées dans l'Espace contribution du site de la conférence nationale : https://conference2022.pcf.fr ou adressées par courriel à [email protected]

Toutes les contributions seront transmises à la Commission du texte et seront publiées sous la responsabilité de la Commission de transparence des débats.

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