Publié le 19/01/2022 par PCF

Présidentielle – Pour la mise en mouvement des communistes

Dans son rapport introductif à l’assemblée des fédérations, samedi 15 janvier, Igor Zamichiei insistait sur les contradictions de la situation politique présente, parlait d’instabilité électorale et soulignait la place prise dans la campagne par la candidature de Fabien Roussel ; il appelait à la mobilisation du Parti, à la mise en mouvement des communistes au service de cette candidature, précisant l’agenda des prochaines initiatives. Extraits.

 

Dans la nouvelle séquence qui va s’ouvrir, beaucoup va se jouer sur la façon dont nationalement et dans toutes les organisations du Parti nous allons travailler à notre déploiement. Aller à la rencontre de nos concitoyen·ne·s pour échanger et convaincre de l’utilité de la candidature de Fabien Roussel, finaliser nos plans de campagnes locaux ou départementaux pour les prochaines semaines, donner la possibilité à chaque communiste, sympathisant·e, contact rencontré·e de s’impliquer dans la campagne, voilà l’urgence.

Avant de développer plus avant sur les enjeux de mobilisation de notre parti, je veux vous livrer une réflexion sur le moment actuel et revenir sur les derniers développements de la situation politique.

Une réflexion d’abord pour dire que la grande incertitude sur l’issue du scrutin présidentiel – et du scrutin législatif au passage –, alors même que nous en sommes si proches, est probablement le produit d’un moment historique. Un moment historique qu’une lecture récente m’amène à qualifier également de « moment critique ». Critique au sens où ce moment est au carrefour de crises multiples dans lesquelles de grandes transformations sont à l’œuvre et déstabilisent l’idéologie dominante, autant que l’idéologie des forces de transformation sociale.

De quelles transformations je parle ici ? Alors que le CAC 40 a atteint un nouveau record historique mardi 5 janvier, la réalité de la finance se trouve plus que jamais déconnectée de l’économie réelle. Pendant ce temps, se dessine au cœur de la crise sanitaire et sous l’impulsion décisive des grands groupes capitalistes, de nouvelles organisations du travail ainsi que de l’éducation, de la consommation et de la vie elle-même.

Ces transformations soulèvent de grandes questions politiques, comme la question des biens que l’on veut communs et la question du sens du travail. Et elles suscitent, on le mesure chaque jour sur le terrain, des réactions fortes, tant des forces dominantes que de la population. Pour le pouvoir et pour les forces dominantes qui y prétendent, afin de préserver leurs intérêts, ces transformations les conduisent à partager des politiques à la fois plus strictement néolibérales par la réduction des dépenses publiques, plus explicitement autoritaires en réponse aux protestations, plus durement punitives dans les milieux populaires, parmi les travailleurs·euses et leurs représentant·e·s, et plus productrices de division à l’égard des minorités et d’exclusion vis-à-vis des exilé·e·s.

Et concernant la population, se mêlent, d’une part, le fait qu’une partie croissante de celle-ci affronte d’immenses difficultés et partage la colère contre Macron, le sentiment de ne plus avoir de prise sur le cours des choses, la défiance envers la politique et la désaffection des urnes, l’attraction du populisme, la tentation du complotisme, ou encore l’inclinaison pour la xénophobie et le racisme... Et, d’autre part, le fait que grandit des résistances, des solidarités et des expérimentations multiples visant une alternative de transformation sociale, qui contredisent cette évolution sans pour autant, à ce stade, avoir la maturité, la conscience pour y opposer un projet, une force sociale à la hauteur de la situation.

Parmi ces mobilisations, je veux souligner l’importante journée d’action que nous venons de vivre sur l’éducation qui oblige le gouvernement peu à peu à prendre des mesures et à ouvrir le débat. Nous sommes cependant très loin du compte et cela nous invite à amplifier encore notre intervention dans la campagne sur cet enjeu décisif.

Et préparons maintenant également l’importante journée d’action sur les salaires du 27 janvier prochain, à laquelle nous devons contribuer par la popularisation des propositions de notre candidat sur cet enjeu crucial. De premières victoires ont été obtenues dans les entreprises, notamment dans quelques grands groupes. Il faut accélérer pour amplifier cette bataille pour l’augmentation des salaires.

Dans cette situation, mes camarades, mesurons que notre candidature à la présidentielle et notre démarche pour les législatives s’inscrivent pleinement dans ce travail de construction d’une alternative. Un apport dont nous avons la lucidité, je crois, de reconnaître qu’il est à la fois lui-même en prise avec les spécificités et contradictions de la période, et essentiel au vu des bouleversements en cours. (…)

J’en viens à notre candidature. Dans ces difficultés qui ne nous épargnent pas, notre candidature crée néanmoins de plus en plus d’intérêt, sans que cela se traduise à ce stade dans les intentions de vote. Le positionnement original de notre candidature tient à mon sens à une ambition claire : servir le monde du travail et de la création en désignant clairement notre adversaire : le capital. Et à trois éléments forts : la centralité du travail, en portant un projet qui vise l’éradication du chômage et de la précarité, et l’ambition de redonner tout son sens au travail ; la République, avec la volonté qu’elle se déploie partout, avec des services publics pour tous et de nouveaux pouvoirs citoyens et salariés ; et la conception d’une Europe et d’un monde de nations et de peuples libres, souverains et associés.

Cette cohérence commence à être remarquée d’autant plus fortement qu’elle est absente du discours d’autres candidat·e·s qui n’hésitent pas à verser dans l’identitarisme à chaque occasion. En témoigne l’audience impressionnante de Fabien et la récente polémique portée par des responsables de gauche suite à ses propos sur la gastronomie française, dont un soi-disant journaliste cherchait encore à faire dire récemment à Ian Brossat que la formule était maladroite. Quelle misère ! Et nous ne sommes pas dupes du fait que d’autres, à droite cette fois, cherchent à utiliser sa candidature pour fracturer la gauche en deux camps irréconciliables. Je crois que nous avons une responsabilité particulière dans la situation, d’autant plus au regard de l’histoire de notre parti, à ne pas céder aux pressions d’où qu’elles viennent et pour élever le débat public et ouvrir un chemin d’espoir.

Je veux saluer Fabien Roussel pour sa capacité à tenir un cap utile à notre peuple dans cette situation politique hautement chaotique. L’enjeu est désormais pour nous de transformer l’intérêt grandissant pour sa candidature en engagement !