Publié le 13/10/2021 par PCF

Redonnons espoir en la politique aux jeunes

I. Éducation & Emploi

Depuis septembre, les jeunes communistes sont mobilisés, en particulier sur les lycées où les problèmes posés par Parcoursup sont dans toutes les têtes. La lutte contre la sélection doit être notre combat premier sur les questions d’éducation. C’est un problème concret qui se pose aux lycéennes et lycéens, à partir duquel nous pouvons leur parler de ce qu’elles et ils vivent, et expliquer la logique de sélection pour répondre aux besoins du capital en termes de main d’œuvre formée.

Les lycéens non sélectionnés par Parcoursup se sont vu proposer des services civiques. Après avoir causé leur échec à l’entrée des universités et détruit le caractère national du bac, le gouvernement provoque leur échec professionnel et leurs débuts dans le monde du travail.

Cette rentrée a aussi été marquée par la question des salaires et du pouvoir d’achat. Ce sujet reste la première revendication dans les grèves et le premier thème de négociation. Plusieurs candidats ont emboîté le pas de Fabien Roussel à ce sujet et se sont prononcés à une quasi-unanimité pour augmenter les salaires. Les perspectives de croissance et le taux de marge des entreprises de 35 % au premier semestre 2021 indiquent que cela est non seulement possible, mais nécessaire.

C’est donc le moment d’attaquer sur cette question, les jeunes étant particulièrement touchés par les bas salaires. Ce sujet fait irruption alors que le patronat est confronté à une pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs comme la restauration. Les jeunes veulent travailler, mais pas à n’importe quel prix. Ils ont déjà payé le prix fort. Un jeune sur dix a perdu son emploi pendant le premier confinement, 28 % des jeunes travailleurs ont été placés en chômage partiel. Tout ceci a accru les inégalités au sein de la jeunesse, au détriment des jeunes des couches populaires.

C’est pourquoi nous devons mener la bataille sur la question de la hausse des salaires, qui semble faire consensus, fusse un consensus de circonstance de la part de prétendants à l’Élysée. Mais nous devons également porter la bataille d’un emploi pour chaque jeune en activité et nous attaquer au marché du travail qui nécessite le chômage et provoque les bas salaires.

Ce n’est bien sûr pas la voie empruntée par le gouvernement. Celui-ci a préféré soutenir la rentabilité du capital par son plan de relance. Le résultat de cette politique a été la précarisation de la jeunesse. Plus soumis aux pertes d’emploi du fait du non-renouvellement de CDD et d’intérim, le gouvernement n’a répondu à la jeunesse que par le subventionnement de ce type d’emplois précaires. En voulant limiter les pertes d’emploi précaires, il a enfermé la jeunesse dedans, alors qu’elle aspire à des emplois stables, bien payés et épanouissants.

Sans emploi, sans licence, sans master : de cette situation, les jeunes n’en peuvent plus et n’en veulent plus. C’est plus d’un million et demi de jeunes qui y sont confronté. Mais cette situation, c’est le produit d’un système : le capitalisme. C’est pour répondre à ses exigences de rentabilité immédiate que l’on sacrifie une génération. Cela appelle les jeunes communistes à intensifier la lutte.

II. Élections présidentielle et législatives

Les sondages annoncent près de 36 % d’abstention au premier tour de l’élection présidentielle. Ce taux élevé peut s’expliquer par le décalage entre les aspirations populaires et l’offre médiatico-politique proposée. Ce décalage est particulièrement frappant depuis le début du mois de septembre où les préoccupations des Françaises et des Français sont celles du pouvoir d’achat, de la santé et de l’éducation, et où le débat politique est pollué par des polémiques stériles lancées par l’extrême droite.

Dans ce sens, les choix de certaines personnalités politiques y compris à gauche de légitimer certains candidats de l’extrême droite est particulièrement irresponsable. Nous sommes pourtant dans un contexte où l’extrême droite bénéficie déjà d’un vaste espace permis par le développement des émissions de débat où l’on recherche la polémique pour prendre des parts d’audience. Les sujets de prédilection de l’extrême droite sont, par ailleurs, un terrain privilégié à ce genre de débats où les dérapages assurent une montée de l’audimat. Au-delà des profits que cela peut rapporter, c’est aussi un choix idéologique assumé, notamment par Vincent Bolloré, patron de Cnews. Pendant que celui-ci attend le prochain dérapage qui assurera le buzz à sa chaîne, les problèmes qui concernent réellement la jeunesse sont délaissés.

On ne nous parle pas de notre quotidien ni de nos problèmes, ce qui contribue à éloigner les jeunes des élections, qui ne traitent pas de leur vie, tout en donnant une image déplorable de la politique. Les sujets préoccupants pour la jeunesse ne peuvent faire irruption que si nous les imposons. C’est à nous de les mettre dans le débat et de montrer aux jeunes que la politique peut et doit se faire en partant de leurs aspirations. Dans ce sens, tout au long de l’année, nous organisons des assises de la jeunesse sur différentes thématiques (éducation, précarité étudiante, emploi des jeunes, loisirs, transports...) partout sur le territoire, afin d’amener la politique au plus proche de la réalité des jeunes et leur donner envie d’y participer.

À nous également de faire connaître nos propositions, notamment en nous appuyant sur la candidature de Fabien Roussel et de l’ensemble des candidats communistes aux élections législatives. Pour cela, nous devons faire connaître nos revendications et déployer notre action en continuant le ciblage de lieux de militantisme réguliers et en mettant l’accent sur la constitution de groupes d’action. Cela passe par une présence régulière devant les lycées, les CFA, les facs, les cités universitaires. Faisons connaître nos propositions et proposons l’adhésion à chaque jeune qui souhaite s’engager !

Résolution d’actualité du conseil national du MJCF

9-10 octobre 2021