Publié le 15/04/2020 par PCF

Retour sur la visioconférence des secrétaires départementaux·ales du 11 avril

Confiné·e·s mais mobilisé·e·s !

Samedi 11 avril, une visioconférence des secrétaires départementaux·ales était organisée pour faire le point sur la crise sanitaire et économique et les initiatives de notre parti. Plus de 70 fédérations étaient représentées et, malgré quelques petits problèmes techniques, nous avons eu un échange fructueux. Ce haut niveau de participation montre à lui seul la mobilisation des fédérations dans cette période inédite.

Fabien Roussel a introduit la réunion par un retour sur les actions mises en place nationalement lors de ces premières semaines de confinement et une mise en perspective des défis des semaines et mois à venir. Il a annoncé travailler à une lettre aux Français pour que notre parti soit toujours plus utile à nos concitoyen·ne·s et que notre parole et nos initiatives soient encore mieux identifiées. Nous intervenons sur beaucoup d’enjeux dans la période et il faut être capable de faire ressortir nos priorités. Lors de ces trois premières semaines de confinement, le Parti a su s’organiser nationalement et localement pour faire face aux lourds enjeux politiques de la période. Au plan national, beaucoup a d’ores et déjà été fait avec le document produit par le comité exécutif, rassemblant les propositions du Parti, les nombreuses notes et propositions produites par les commissions, l’activité du secteur Entreprises qui a réuni plus de soixante camarades récemment lors d’une visioconférence, l’adresse de Fabien Roussel aux salarié·e·s ou encore les rendez-vous Facebook quotidiens. Au plan départemental, les initiatives des fédérations, de nos élu·e·s, ont été nombreuses pour organiser la solidarité et interpeller les préfets ou encore les exécutifs de régions.

Plusieurs enjeux majeurs ont marqué l’échange des secrétaires départementaux·ales : la protection des travailleurs, la situation des PME-TPE, l’acuité des enjeux de classe dans la crise, le rôle de l’État, l’aggravation des inégalités sociales et territoriales, avec le besoin d’une aide aux plus fragiles ainsi que la montée des problèmes de pouvoir d’achat, d’éducation et de libertés avec la prolongation du confinement, tout cela sur fond de crise économique grandissante et historique, et l’enjeu des défis posés par la crise et du rassemblement pour les relever. Nous avons également pointé les difficultés politiques et financières posées par l’annulation d’initiatives structurelles du Parti (fêtes fédérales, vente du muguet).

La protection des travailleurs est identifiée comme une priorité du Parti et fait l’objet de plusieurs initiatives : contacts réguliers avec les organisations syndicales et renforcement des liens avec de nombreux·euses syndicalistes, soutien au droit de retrait dans plusieurs départements, interpellation de préfets ou présidents de région en Nouvelle Aquitaine et Bourgogne-Franche-Comté, expérimentations d’arrêtés municipaux de nos maires visant l’arrêt des activités non-essentielles en Isère ou encore demande pour l’accès des saisonniers au chômage partiel en Ardèche. La pression du gouvernement et du patronat pour la reprise de l’activité est de plus en plus forte et, après trois semaines de confinement, des salarié·e·s répondent car la baisse de revenus les précarise considérablement. Aussi, nos initiatives pour l’arrêt des activités non-essentielles doivent désormais cibler davantage les entreprises en lien avec les syndicats et valoriser la nécessité d’une indemnisation à 100 % jusqu’à une reprise de l’activité permise par des équipements et des conditions de travail de qualité et une organisation du travail décidée par les travailleurs·euses. Beaucoup de TPE-PME font face à de graves difficultés financières renforcées par la politique des banques sur les agios et l’accès au crédit à des taux bien trop élevés.

Pour les camarades qui sont intervenu·e·s, la crise exacerbe des antagonismes de classes, entre le patronat et les travailleurs·euses, mais aussi les divisions entre travailleurs·euses eux-mêmes (entre cadres en télétravail et employé·e·s et ouvrier·e·s précarisé·e·s contraint·e·s à une poursuite de leur activité sur site). En même temps, des alliances nouvelles se forment, au sein des personnels de santé par exemple. Ainsi, un des enjeux de la période est d’identifier la façon de créer de l’unité au sein de la base sociale à laquelle nous nous adressons. C’est d’autant plus important qu’au-delà des enjeux immédiat cette unité sera essentielle pour créer un rapport de force pour que les travailleurs·euses ne paient pas la crise et que ce soit enfin la domination du capital qui soit remise en cause. L’action de l’État doit être dénoncée face à l’incurie de celle-ci, réservant sa puissance à la surveillance et la répression. Nous avons besoin d’un État fort mais pas pour cela, pour renforcer l’hôpital public, pour protéger les travailleurs·euses, la population et pas des intérêts des actionnaires.

Les inégalités sociales et territoriales s’aggravent considérablement avec la crise sanitaire et économique. La surmortalité dans un département comme la Seine-Saint-Denis en témoigne. Au-delà, plusieurs millions de personnes peuvent basculer dans la pauvreté dans les mois qui viennent. Le confinement conduit à des difficultés financières grandissantes, entre hausse de budgets comme l’alimentation, l’eau, l’électricité, et la perte de revenu due au chômage partiel. Il est donc décisif de valoriser les propositions du Parti sur cet enjeu en insistant sur le besoin d’une aide financière exceptionnelle aux personnes qui en ont besoin (à chiffrer), voire d’enrichir encore ces propositions (nationalisation d’une partie de la grande distribution alimentaire, élargissement des critères pour bénéficier des chèques services...). En outre, notre action pour des solutions urgentes pour les plus fragiles, des sans abri aux victimes de violences, est décisive car on constate chaque jour que la situation est très dégradée malgré l’action des collectivités. Les inégalités sont également territoriales, notamment pour les habitant·e·s de zone blanches.

Les inégalités dans l’éducation sont fortes dans la crise. Au-delà des enjeux pointés ces dernières semaines, on commence à mesurer un fort décrochage d’élèves notamment dans l’enseignement technique. Ces inégalités pourraient se renforcer avec des fermetures de classes d’ores et déjà annoncées dans plusieurs départements. Proposition est faite d’insister nationalement et localement sur l’idée d’un moratoire sur les fermetures de classes.

Sur tous ces enjeux, travaillons enfin à mieux recenser et valoriser toutes les initiatives de solidarités qui sont prises dans le pays ainsi que l’action de nos élu·e·s.

La prolongation du confinement fait également grandir la problématique des libertés et de la démocratie. Les libertés individuelles, syndicales, collectives sont remises en cause, ainsi que la démocratie, de l’impossibilité de se rassembler aux conditions dégradées de fonctionnement du Parlement. Plus cette situation se prolonge, plus les libertés et la démocratie peuvent être mises à mal durablement avec le risque d’un post-confinement qui ne soit pas totalement le retour à une situation normale, marqué par la poursuite de restrictions fortes.

Concernant les défis qui nous sont posés : les jours d’après l’épidémie se préparent maintenant. Nous allons vers un affrontement de classe renforcé. Nous devons donc être très offensifs tant sur l’intervention propre du Parti, mettre en débat les ruptures à engager avec le capitalisme et incarner le renouveau dont le pays a besoin, que sur le besoin de rassemblement. Des initiatives émergent sur le plan syndical et sur le plan politique. Des camarades font référence à la nécessité d’un CNR de notre temps adaptés aux conditions actuelles, qui pose la question du changement de société de la façon la plus rassembleuse possible sur les contenus les plus élevés pour qu’Emmanuel Macron ne prenne pas la tête d’une union nationale dépourvue de changement réel et réinstalle son duo avec le Rassemblement national. Cela suppose de pointer les responsabilités de la crise, de mener un débat de toute la société sur les transformations à mettre en œuvre, d’organiser des initiatives qui valorisent demain ceux qui étaient méprisés hier, les véritables « premiers de cordée » qui aujourd’hui et demain redresseront le pays.

Enfin, l’échange a également porté sur les initiatives structurelles du Parti. Plusieurs fêtes fédérales sont annulées ce qui pose un problème tant politique que financier. Il faut donc penser quel type d’initiatives peuvent être prises pour atteindre les objectifs que ces fêtes remplissaient. Nationalement nous n’avons pas de garantie à cette heure sur l’Université d’été et la Fête de l’Humanité. Le calendrier du centenaire du Parti est quant à lui a minima entièrement décalé et il faut poursuivre l’effort pour son financement. Concernant la question urgente du muguet, proposition est faîte d’un muguet virtuel avec la réalisation d’un visuel national et d’un appel à la souscription en ligne.

Igor Zamichiei, responsable national à la Vie du Parti, coordinateur du CEN.