Roussel, un candidat en lutte

Publié le 23 septembre 2026

L’intervention de Fabien Roussel, samedi 12, à la Fête de l’Huma, devant 40 000 personnes (le texte est disponible sur le site PCF) a continué à faire le buzz aux lendemains du rassemblement.

Ainsi sur le site « regards.fr », Catherine Tricot écrit : Fabien Roussel « surprend » quand il déclare : « Je ne souhaite pas qu’on attende l’élection présidentielle pour que ça change. »

À la lecture de l’article, on comprend qu’il s’agit plutôt, pour la journaliste, d’une bonne surprise.

Dont acte. Le propos est plus fielleux chez Louis Nadau de Marianne : s’il admet que le candidat communiste est « le défenseur d’une France populaire, travailleuse et digne », c’est aussitôt pour le moquer par des images saugrenues : « Roussel, c’est le communisme à mâchoire carrée ».

Même hargne du côté du site « Voltaire ».

Le candidat a droit à un édito : « À la Fête, Roussel, fou de joie, pose avec la fille du Che ! », mais l’article enchaîne : « Pourquoi pas avec la petite-fille de Staline ? » Du grand n’importe-quoi. « Tenez bon ! » dit le candidat communiste aux pêcheurs en lutte, lors du « Face à face, à Apolline de Malherbe » sur BFM mercredi matin. « Ce n’est pas en tapant sur les Français qu’on va redresser la France », ajoute-t-il, en réclamant un « état d’urgence énergétique ». Celui qui se définit comme « un candidat en lutte » et qui assure qu’il « n’a pas d’adversaire à gauche » fustige les propositions de M. Le Pen sur le logement qui est « une forme d’apartheid ».

La proposition « d’état d’urgence énergétique » a été aussitôt reprise par plusieurs sites et commentée par LCI, soulignant que « cette solution radicale » avait été mise en place par plusieurs pays confrontés « à des risques critiques de manque d’approvisionnement ».

Sévèrement mis en cause notamment par le candidat communiste, la direction de Total a publié le 16 septembre un long tweet pour se justifier. En vain. L’appel à la résistance lancé par le dirigeant du PCF agace les dominants ; l’éditorialiste du Figaro (le 17 septembre) écrit : « "Blocages", "réquisitions", "ponctions", Roussel puise dans l’abécédaire de la démagogie révolutionnaire pour tenter d’agréger le malaise. »

Vendredi 18, Macron convoquait à l’Élysée les chefs de parti pour leur tenir à peu près ce discours : il n’y était pour rien dans la crise et de toutes façons on n’y pouvait rien ! Interrogé à la sortie de la réunion le candidat communiste rappelait, devant une forêt de micros (TF1 info, M6, CNews, RFI, AFP), deux points concernant la crise énergétique : « Le gouvernement a les moyens d’agir pour soulager le pouvoir d’achat des Français et nos entreprises » ; quant au volet international, « on ne peut pas se contenter de dire que la guerre va durer ; alors quelles initiatives la France va prendre pour peser sur une fin rapide des conflits ? Or on est en droit de s’interroger sur les choix faits par Paris qui concourent à ce que ces conflits durent. » Cette dernière remarque a été particulièrement commentée, notamment par BFM dimanche matin.

Gros échos enfin (Cnews, Orange, BFM, 20 Minutes, La Provence…) sur la présence du candidat sur un péage d’autoroute samedi pour dénoncer « un racket » sur l’essence.


Article publié dans CommunisteS, numéro 1101 du 23 septembre 2026

Les dernières actualités

Je m’inscris à la newsletter