International publié le 04/11/2021

Solidarité avec le peuple soudanais

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« Nous sommes prêts à mourir pour ne plus retourner en arrière ». Ces paroles ont été prononcées par des milliers de Soudanais.es, principalement par des jeunes et des femmes. Elles et ils l'ont, une nouvelle fois, signifié par de puissantes manifestations qui se sont déroulées dans les principales villes du pays samedi 30 octobre dernier.

Les forces de répression du général instigateur du pronunciamiento n'hésitent pas à tirer, tuant et blessant de nombreuses personnes, et à procéder à des arrestations touchant principalement les organisateurs des mobilisations.

A l'image de la ministre soudanaise des Affaires étrangères qui appelle : « à résister par tous les moyens pacifiques et civils possibles dans tout le pays », l'Union africaine (UA) a condamné le coup d’État. Le Conseil de sécurité des Nations unies, unanime, appelle : « à la mise en place rapide d'un gouvernement de transition dirigé par des civils ».

Le putsch semble satisfaire des pays comme l’Égypte, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, certes avec quelques différences, mais tous souhaitent conserver à n'importe quel prix le Soudan dans leur zone d'influence.

Cette situation aggrave les tensions déjà fortes dans la Corne de l'Afrique et ne vont sans doute pas faciliter la recherche d'une solution politique à la guerre qui se déroule en Éthiopie et qui connaît un tournant dramatique en ce moment même. Pour rappel, le premier ministre éthiopien a soutenu le départ du dictateur soudanais El Bechir et a appuyé la transition démocratique.

Le rapprochement du Soudan et de l’Égypte ne va pas non plus favoriser la recherche d'une solution acceptable par tous dans le fonctionnement du barrage Renaissance, censé fournir l'électricité aux populations éthiopiennes et, éventuellement, soudanaises.

Aujourd'hui, le peuple soudanais, dont le pays a été mis en coupe réglée pour satisfaire les cartels pétroliers, souffre d'une insuffisance de moyens financiers. Pire, le Soudan du sud, riche de ses puits de pétrole, doit recevoir l'aide du Programme alimentaire mondial (PAM) pour tenter d'enrayer la famine qui touche toute la population, et particulièrement les enfants.

La coopération internationale doit s'attacher à annuler la dette du Soudan et à apporter des concours financiers permettant un développement inclusif, et non comme le propose le FMI, une aide à condition de « réduire le rôle de l’État dans l'économie » ; en clair : assécher les moyens, pourtant déjà très faibles, des services publics. Les institutions financières internationales feraient bien mieux de regarder du côté des 280 entreprises détenues ou contrôlées par les militaires possédant d'importantes fortunes personnelles.

La France doit non seulement condamner le coup d’État comme elle l'a fait, mais apporter son appui dans toutes les instances internationales afin que les coopérations aident le peuple soudanais à éliminer la misère et à construire son bien-être.

Le peuple du Soudan, courageux, mérite toute notre solidarité. Notre solidarité doit être poursuivie à l'égard de toutes les organisations progressistes, du Parti communiste soudanais (dont la déclaration traduite en français est publiée dans ce bulletin), forces qui luttent contre le coup d’État et qui agissent pour une évolution démocratique durable dans leur pays.


Daniel Feurtet
membre du collectif Afrique du PCF
membre de la Commission des relations internationales du PCF