Voilà un an que la section du 18e arrondissement de Paris organise des ventes solidaires régulières, deux fois par mois. Le Parti pratique depuis longtemps la vente de fruits et légumes à prix coûtant, notamment avec le MODEF. Notre section en a fait un véritable outil de structuration et d’implantation de ses cellules.
Le principe : simple et efficace
Nous achetons en grande quantité des pommes de terre et/ou des oignons à un agriculteur de Seine-et-Marne, puis nous les revendons à prix coûtant. Aujourd’hui, plus d’une tonne de marchandises est vendue toutes les deux semaines dans l’arrondissement. Ce volume nous permet d’afficher un prix très attractif, 40 centimes le kilo, pour les franges les plus précaires de la classe travailleuse. Mais cette action militante ne prend son sens qu’à la condition d’avoir préalablement analysé notre territoire et fixé des objectifs de structuration.
Un choix stratégique : les QPV
Notre évaluation du territoire nous a conduits à prioriser l’implantation dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). L’implantation dans les entreprises reste au cœur de l’originalité de notre Parti. Mais dans des métropoles où les unités de production sont de plus en plus dispersées et de plus petite taille, l’implantation dans les lieux de vie doit devenir une priorité.
Les QPV concentrent aujourd’hui, dans certains territoires, les couches les plus exploitées de notre classe, ouvriers et employés. À Paris, leur part y est trois fois plus élevée que dans l’ensemble de la ville. Identifier le lieu ne suffit pas : il faut y associer une structuration adaptée.
Une présence régulière dans chaque quartier
Nos cinq QPV (Blémont, la Goutte d’Or, Charles Hermite, La Chapelle-Évangile, Porte Montmartre) disposent aujourd’hui d’un point de vente solidaire de pommes de terre, au moins une fois par mois. À cela s’ajoutent des ventes dans de grands ensembles HLM. Cette régularité nous a amenés à repenser le découpage de nos cellules. De cinq, nous sommes passés à sept, et chacune, à l’exception d’une seule, dispose désormais d’un point de vente solidaire sur son territoire.
Le point de vente, lien avec la population
Le point de vente devient le point de contact avec les habitants, qui se retrouvent chaque mois à cette occasion. Ils restent en lien avec les camarades de la cellule via un groupe WhatsApp, qui annonce les dates des prochaines ventes. Ces groupes rassemblent en moyenne une quarantaine de sympathisants. La vente solidaire structure ainsi le découpage des cellules et leur activité, mais crée aussi autour d’elles un réseau de sympathisants.
Le défi à venir
Ce réseau se densifie. Le prochain défi est de rendre ces sympathisants actifs, afin qu’ils organisent, avec les camarades de la cellule, les prochaines ventes. Rendez-vous dans un an pour le bilan.
Carl Ravoavy
Article publié dans CommunisteS, numéro 1107 du 4 novembre 2026