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Publié le 29/01/2020 par PCF

Une force de mobilisation contre les E3C

E3C, qu’est ce que c’est ?

E3C ou Épreuves communes de contrôle continu sont les nouvelles épreuves anticipées du baccalauréat pour les élèves de première depuis la réforme du baccalauréat. Ces épreuves se tiennent en contrôle continu, dans les mêmes conditions que n’importe quel autre contrôle, directement dans les salles de classes et avec des sujets différents en fonction des établissements. La note obtenue aux E3C représentera 30% de la note finale du baccalauréat.

Les épreuves ont débuté il y a un peu plus d’une semaine. Et le premier bilan fait sur les conditions d’examen est chaotique. Tout au long de la semaine dernière et le début de celle-ci, les témoignages sur les réseaux sociaux n’ont eu de cesse de se multiplier sur les problèmes dans la tenue des examens : salle trop petite, pas assez de surveillants, les cours ne sont pas banalisés, fuite de certains sujets, les enseignants corrigeant les copies de leurs propres élèves, etc. Ces conditions d’examen chaotiques différentes en fonction des établissements représentent une rupture d’égalité entre les élèves.

Au-delà de la mise en place chaotique qui nous prouve une nouvelle fois que cette réforme est déconnectée des réalités, c’est le fond de la réforme qui pose problème. La mise en place de la réforme Blanquer va provoquer la perte du caractère national du diplôme du baccalauréat. En lieu et place d’épreuves communes pour l’ensemble des élèves, 40% de la notation finale seront effectués en contrôle continu, 30% avec les fameuses E3C et 10% avec le dossier scolaire.

La fin du diplome national va entériner la rupture d’égalité entre les élèves en fonction de leur établissement d’origine. En effet, ce sera désormais la “valeur” de l’établissement et non plus la note qui déterminera la valeur du diplôme. Ainsi les diplômes obtenus dans les lycées les mieux cotés, situés le plus souvent dans les beaux quartiers, vaudront plus que le même diplôme obtenu dans un lycée de périphérie.

Cette réforme va creuser la fracture sociale qui existe entre les enfants issus des classes populaires et ceux issus de la bourgeoisie au sein même de l’Education nationale. Cette réforme permettra de finir ce que Parcoursup a commencé, à savoir amplifier la sélection sociale à l’entrée de l’enseignement supérieur.

Des contestations commencent à émerger

La mobilisation contre la réforme du baccalauréat est en train de prendre forme. Grâce aux actions communes des enseignants, des élèves et des parents d’élèves, plus d’une quarantaine d’établissements ont dû reporter les épreuves la semaine dernière et une dizaine d’autres rien que pour lundi. Un front uni des enseignants, des élèves et des parents d’élèves se forme contre la réforme. Les moyens d’actions diffèrent en fonction des établissements : enseignants en grève, d’autres qui refusent de choisir le sujet, blocage des établissements le jour des examens, voire dans certains endroits des classes entières qui refusent tout bonnement de composer.

Chose assez rare pour le souligner, la quasi-totalité des syndicats d’enseignants conteste la réforme. Ils demandent au gouvernement non-seulement le report des épreuves mais surtout un retour à des épreuves communes pour l’ensemble des élèves.

Le MJCF présent devant les lycées et les salons de l’orientation

Voilà plus de deux ans, que le Mouvement jeunes communistes de France a lancé sa campagne sur l’éducation. Et plus d’un an maintenant que nous dénonçons les travers de la réforme du baccalauréat. Pour nombre de jeunes, le MJCF est identifié comme l’organisation de jeunesse référente sur cette question. Dans un certain nombre de fédérations, nous sommes en train d’organiser la mobilisation des jeunes contre cette réforme.

En plus d’être à la manœuvre dans de nombreux établissements mobilisés, le MJCF se donne pour objectif d’être présent devant les salons de l’orientation qui se tiendront dans les prochaines semaines afin de non seulement alerter les jeunes sur la réforme, mais surtout de les organiser pour amplifier la mobilisation sur l’ensemble du territoire.

Les actions de la semaine dernière n’étaient qu’un avant-goût de la mobilisation lycéenne. Celle-ci a vocation à grandir. Les jeunes et les lycéens sont loin, très loin d’avoir dit leur dernier mot. 

Léon Deffontaines, secrétaire général du MJCF.

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