Publié le 16/02/2022 par PCF

Une militante, un vélo, un candidat communiste

Une photo : une militante, un vélo, une affichette sur fond de campagne. Dix lignes d’info qui débutent toute une histoire, celle de quarante communistes « qui ont retrouvé la pêche ». 

Dans le canton de Dompierre (Allier), ils vont rencontrer les 20 000habitants des trente-deux communes, « de la plus petite de cent vingt âmes, à la plus grande (trois mille). À pied, en voiture, en vélo ». 

Le post de Jane Decriaud fait le buzz et file vers les 400 like depuis publication. Si j’étais responsable à la com, j’en ferais bien une affiche. Dans sa simplicité, elle illustre bien l’étape actuelle de la campagne du candidat communiste à la présidentielle. Elle devrait rassurer ceux qui craignaient de nous voir céder à l’ivresse médiatique. Contre ce genre de cuite, nous sommes vaccinés. Il y aura des coups de pied de l’âne, ça va tanguer, mais la presse est un reflet, un curseur, pas un moteur. Le nôtre est ailleurs. 

On a déjà compris, cependant, combien fut néfaste le trop long effacement d’une candidature communiste et combien est important le choix de la personne qui défend nos couleurs. Difficile aujourd’hui de contester que oui, il fallait un candidat communiste et que nous avons eu raison de ne pas temporiser avant de le désigner. 

Notre candidature commence à clarifier les débats antérieurs dans le Parti. Disqualifiés et rabaissés comme « lutte de clan s», ils ont heurté des camarades qui s’en sont écartés ou qui parfois n’y comprenaient que pouic. En bousculant les lignes, révélant les enjeux à long terme - quels moyens pour quel changement ? - la candidature nous permet déjà d’avancer dans la réflexion en y associant le plus grand nombre.

Fabien Roussel, dans les colonnes de la presse, sur les ondes, sur les plateaux, porte nos analyses et propositions. Il invite surtout le mouvement social à devenir maitre-d’œuvre du changement. On entend à nouveau, quelle surprise, s’égrener les noms des entreprises en lutte, ces invisibles de tous les journaux télévisés. 

Une autre étape s’ouvre. L’atout majeur du candidat communiste ce sont les militants communistes, sa voix et son image démultipliés par l’entrée du Parti. Les interventions de Ian Brossat, le directeur de campagne, celles de Léon Deffontaines, secrétaire national de la jeunesse communiste, son porte-parole, relaient ses interventions. 

À l’échelle du pays, il nous reste à démontrer le sens collectif et le caractère démocratique de notre démarche. Elle est à l’opposé du cirque actuel des « egos », l’éternel scénario qui convoque une armée de fidèles autour du nouveau tribun ou de la récente égérie. 

Le Parti communiste, rescapé du silence médiatique et de son rôle de force d’appoint, peut faire l’autre démonstration qui s’oppose au présidentialisme et à la personnalisation qu’il installe. Il peut donner à voir la richesse et la diversité des personnes, des expériences, dans l’exposé de ses propositions. 

Au-delà de la campagne électorale, les militants communistes font pédagogie et démontrent ce que signifie pour eux le mot démocratie. 

Si le post de Jane Decriaud suscite tant de soutiens et de plaisir, c’est parce qu’il porte cet engagement. « Ils ont retrouvé la pêche » nos camarades, souligne-t-elle. On n’a pas besoin d’imaginer beaucoup pour entrevoir entre les lignes l’expérience récente du désarroi, des liens distendus, de la solitude. 

Dans ce canton de Dompierre, comme dans tout le pays, ce parti que Hollande, tout frais Président, s’en fut déclarer « mort » à la City de Londres (« Il n’y a plus de communistes en France »), réserve encore bien des surprises. Tant et tant enraciné en France, dans l’histoire et par le sang versé, que même recouvert de cendres il attendait et retrouve sa boussole, la volonté de changer le monde, de changer la vie, d’en finir avec le capitalisme. Et même, en pleine conscience du malheur de tant et tant, de tant de malheurs possibles à venir, d’écrire comme notre camarade : « Militons heureux ! ». 

Les historiens de l’avenir ou, dans un jour pas si loin, une autre journaliste, pourront-ils écrire : « C’est au printemps 2022 que les idées communistes commencèrent à reconquérir le peuple des exploités et que la société commença à changer » ? En attendant le résultat des urnes, ce serait déjà un beau résultat.

Maïté Pinero