International publié le 19/03/2021

Une nouvelle étape dans l’établissement de la dictature en Turquie

Depuis plusieurs semaines, les islamo-conservateurs de l’AKP et l’extrême droite fasciste (MHP) se sont lancés dans un déchaînement de violence à l’égard du Parti démocratique des peuples (HDP). Ils viennent de franchir le Rubicon en lançant par l’intermédiaire d’un procureur une procédure d’interdiction devant la Cour constitutionnelle.

Après l’opération turque en Irak qui s’est traduite par la mort de 13 soldats turcs, 718 militants et responsables du HDP ont été arrêtés. Cela s’ajoute à la longue liste de ceux qui croupissent dans les prisons.

Cette violence se traduit également par la destitution de 59 maires HDP, sur 65, démocratiquement élus.

La répression impitoyable se focalise actuellement sur la représentation parlementaire. Si cela ne constitue pas une nouveauté, celle-ci s’accentue. Lors des dernières législatives, le HDP a constitué un groupe de 58 personnes pour devenir la troisième force parlementaire. Un peu plus d’une dizaine d’entre-deux sont actuellement emprisonnés dont S. Demirtas.

Des procédures individuelles nouvelles ont été lancées contre Berdane Oztürk, Cerhan Isik, Sezai Temelli, Tayip Temel, Murat Sarisac. Ils ne sont pas les seuls. La députée d’Agri Dilan Dirayet Tasdemir fait l’objet de poursuites tandis que le défenseur des droits humains Omer Faruk Gergertioglu vient d’être condamné à deux ans de prison.

La nouvelle offensive porte sur la totalité des élus du HDP. Plusieurs motions déposées au Parlement de Turquie demandent la levée de leur immunité, y compris certains députés du CHP, et à terme la suppression du HDP.

Une procédure liberticide se met en place : après le vote sur la levée de l’immunité, un procès devrait avoir lieu et durer un an afin d’obtenir leur destitution et leur condamnation pour « terrorisme ». L’étirement de la procédure devrait permettre à R.T. Erdogan de ne pas s’exposer à des scrutins partiels avant la consultation de 2023.

L’AKP cherche aussi par le truchement d’une réforme constitutionnelle (art.14) à interdire à vie les activités des cadres et élus du HDP en prohibant la reconstitution du parti sous une autre appellation.

Il s’agit d’une nouvelle étape dans l’établissement d’une dictature en Turquie alors que la situation économique se dégrade et que l’expansionnisme d’Ankara ouvre des conflits en Irak, en Syrie, en Libye et en Méditerranée orientale.

Dans ce contexte, les communistes condamnent la procédure d’interdiction du HDP, expriment leur solidarité totale avec le Parti Démocratique des Peuples (HDP) et appellent la France et l’Union Européenne à sanctionner le régime de R.T. Erdogan et à apporter leur soutien aux forces démocratiques de Turquie.

Parti communiste français
Paris, le 17 mars 2021

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