International publié le 27/03/2020

Une réunion virtuelle du G20 : pour faire quoi ?

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Depuis quelques jours, les annonces pleuvent dans les conférences de presse de différents chefs d’État. Ce sont des milliards de dollars annoncés pour des plans de relance peu précis et beaucoup d'effets de communication, laissant la situation de nombreux pays de côté.

Ce jeudi, s'est tenue une rencontre d'urgence du G20 sous la présidence du roi Salman d'Arabie saoudite. Un communiqué annonce à la fin de cette réunion «un front uni» pour «permettre de rétablir la confiance, préserver la stabilité financière et ranimer la croissance».

Le G20 annonce injecter 5 000 milliards de politiques fiscales ciblées, de mesures économiques et de plans pour contrer les impacts sociaux, économiques et financiers de la pandémie.

Où vont se diriger ces flux financiers massifs et ces torrents d'argent qu'on disait inexistant, il y a peu? Certainement pas en l'état vers la protection des salariés, des catégories populaires et des peuples les plus fragilisés par l'absence de système de soin et protection sociale. Ainsi, les 20 plus grandes économies mondiales ont, en revanche, relégué à l'ONU, l'OMS (et le FMI! mais à quelles conditions?) la tâche d'aider les pays émergents ou en développement à faire face à la crise sanitaire et sociale du Covid-19.

Le G20, organisme créé par et pour les États les plus riches de la planète, n'est pas qualifié pour apporter une réponse à la hauteur de la plan de réponse humanitaire mondial demandé la vielle par Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU.

Les institutions internationales multilatérales ont pour mission d'organiser la solidarité internationale qui ne laisse aucun peuple de côté. Il est temps d'appuyer leur action en mettant en commun les capacités de ses États-membres. Le secrétaire général appelle, ce 24 mars, à l'arrêt des conflits et guerres pour focaliser toutes les énergies dans la lutte contre le coronavirus. Quelle réponse de la France, membre du Conseil de sécurité de l'ONU? Quelle action?

La présidente du Comité des droits humains de l'ONU, Michelle Bachelet, appelle à la suspension des sanctions économiques et financières, des embargos: Quelle réponse de la France, membre du Conseil de sécurité de l'ONU? Quelle action?

L'urgence commande l'annulation des dettes des pays les plus pauvres, la mise en place d'une coordination sanitaire pour répartir les moyens humains, matériels et médicaux pour répondre aux besoins des habitants de tous les pays. Quelle réponse de la France, membre du Conseil de sécurité de l'ONU? Quelle action?

L'«après crise du Covid-19» se construira avec les conditions dans lesquelles la pandémie aura été combattue, plus que jamais elle sera l'affaire des peuples avec l'appui des institutions multilatérales à leur service.

Cécile DUMAS
responsable-adjointe du secteur international

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