Le carré rouge Brigades Internationales (22)
En quelques épisodes nous allons vous accompagner pour découvrir le cimetière du Père-Lachaise. Enfin, y prétendre serait présomptueux, aussi au travers d’un aperçu rapide de son histoire, nous nous dirigerons plus particulièrement vers un espace que l’on nommera le « Carré rouge ».
Aux élections législatives du 16 février 1936, les Espagnol·es font le choix du « Fronte popular ». Le 18 juillet, Franco lève une insurrection militaire et fasciste avec l’appui militaire et financier d’Hitler et de Mussolini.
Le 26 août, à l’initiative de la France de Blum, appuyée par la Grande-Bretagne, se crée le « Comité international pour la non-intervention en Espagne », dit « le Comité de Londres ».
En France, la solidarité s’organise à l’initiative du PCF, de la CGT et du Secours populaire. En septembre 1936, à la demande de Thorez, l’Internationale communiste décide de recruter des volontaires pour soutenir l’armée républicaine espagnole. En octobre, le premier contingent arrive à Albacete, base des Brigades internationales, au sud-est de Madrid.
Originaires de 53 pays, 40 000 volontaires, dont 10 000 Français·es, iront combattre comme volontaires dans les Brigades internationales.
À l’été 1938 le « Comité de Londres » préconise le retrait des forces étrangères engagées en Espagne. Juan Negrín, président de la République espagnole, annonce, en octobre, le retrait immédiat de tous les combattants non-espagnols présents dans les rangs gouvernementaux.
Les Brigades sont dissoutes. En avril 1939, l’alliance Franco, Hitler, Mussolini et du « Comité de Londres » a raison de la République espagnole. Les Espagnols fuyant leur pays et les brigadistes étrangers sont internés dans des camps de concentration en France.
En 1940, nombre de brigadistes rejoignent la Résistance, les brigadistes allemands et autrichiens sont livrés aux nazis.
Le 24 août 1944, les républicains espagnols de la 9e compagnie, la Nueve, rattachée à la 2e DB du général Leclerc, sont les premiers à entrer dans Paris. Le 25, le colonel Rol-Tanguy (ancien brigadiste) reçoit la reddition de Von Choltitz. Paris est libéré.
Ce monument est aussi la sépulture de brigadistes et de résistants : Tadeusz Oppman 1904-1958 ; Jeanne Oppman, née Zelbsztejn, 1907-2004 ; Boris Guimpel 1911-1979 ; et de Gabriel Fort, 1898-1956, blessé à la tête en juillet 1937 il perd la vue.
Les Brigades internationales, outre ce monument, ont un lien avec le Mur des fédérés comme l’atteste le nom de certains bataillons : le bataillon Dombrowski, général sous la Commune de Paris de 1871 ; Commune de Paris, Louise Michel, et lien avec cette 97e division avec les bataillons Henri Barbusse et Vaillant-Couturier.
Derrière ce monument, il y a la sépulture de Gerda Taro, née Pohorylle, 1910-1937. Photographe au journal Ce soir, elle trouve la mort le 25 juin 1937, lors de la bataille de Brunette, près de Madrid. Des milliers de personnes l’accompagneront au Père-Lachaise. Son éloge funèbre sera prononcé par Pablo Neruda et Louis Aragon, directeur de Ce soir. À la demande de celui-ci, sa tombe est ornée par Alberto Giacometti d’une vasque et du faucon Horus, symbole de la lumière.
Il y a juste à côté la sépulture du docteur Mieczyslaw Domanski, dit Dubois, 1902-1937. Brigadiste polonais, tué le 25 août 1937 pendant la bataille de Quinto (Aragon). Il y a une plaque symbolique de sa femme, Irena Domanska, née Twardowska, 1903-1985, docteure en médecine, membre du parti communiste polonais (KPP) et brigadiste.
Gérard Pellois
Article publié dans CommunisteS, numéro 1091 du 17 juin 2026.