Depuis deux semaines, les lycéennes et les lycéens refusent de baisser la tête. Ils demandent des professeurs devant chaque classe, des établissements dignes et la fin de Parcoursup. Rien d’extravagant. Simplement les moyens d’étudier, de choisir leur avenir et de contribuer à celui du pays. Leur colère n’est ni passagère ni isolée. Les Jeunes Communistes ont été à l’initiative de plus de 300 blocus et présents dans des centaines d’autres établissements. Les cahiers de doléances ont fait remonter des milliers de témoignages.
Une même réalité apparaît : l’école de la République abandonne une partie de sa jeunesse. Le gouvernement, lui, mise sur le pourrissement. Quelques annonces sur les remplacements, beaucoup de mépris, puis l’attente. Il espère que la fatigue et les vacances feront ce que la répression n’a pas réussi à faire : refermer la brèche. Et, comme toujours, il nous explique que l’État n’a plus les moyens. Vraiment ? Cette année, 6,4 milliards d’euros supplémentaires doivent être consacrés aux armées. Le budget de la Défense atteindrait ainsi 63,4 milliards d’euros, deux fois plus qu’en 2017. Les caisses ne sont vides que lorsqu’il s’agit de recruter des enseignants, de rénover les établissements ou de garantir une formation à chaque jeune.
L’argent existe. Ils ont simplement choisi le réarmement, les marchés financiers et les dividendes. Les classes surchargées, les heures de cours perdues et les jeunes abandonnés par Parcoursup ne relèvent pas de la fatalité. Ils sont le résultat d’un choix de classe. Mais ce choix frappe bien au-delà des lycées. Depuis la rentrée, énergéticiens, pompiers, pêcheurs, professeurs et tant d’autres se mobilisent. À chacun, le pouvoir adresse la même injonction : faire davantage avec moins, renoncer à ses droits et accepter que son travail ne permette plus de vivre dignement. Derrière la diversité des métiers et des colères, il y a donc un même combat. Celui de celles et ceux qui font vivre le pays contre un système qui comprime les salaires, détruit les services publics et soumet nos vies aux exigences de rentabilité. Les Français ne peuvent plus et ne veulent plus subir le diktat du capital.
Le 17 octobre doit permettre de poursuivre et d’élargir la mobilisation lycéenne. Mais préparons dès maintenant le 5 novembre. Cette journée appelée par l’intersyndicale doit faire se rencontrer la jeunesse et le monde du travail, devant les lycées, dans les entreprises, les services publics et dans la rue. Notre responsabilité de communistes est là : faire grandir la conscience de nos intérêts communs et transformer toutes ces colères en une force organisée. Multiplions les rencontres, les assemblées et les initiatives communes. Portons partout l’exigence de salaires dignes, d’emplois utiles, de services publics renforcés et d’un véritable avenir pour la jeunesse. Le gouvernement cherche à nous isoler et à nous épuiser. Faisons exactement l’inverse. Unissons nos forces, faisons front et, le 5 novembre, faisons-les céder !
Bastien Bonnargent, MJCF & Camille Mongin, UEC
Article publié dans CommunisteS, numéro 1104 du 14 octobre 2026