Le Salon de l’Automobile est une vitrine qui donne à voir de belles voitures, qui montre ce que les travailleurs sont capables d’imaginer, de conceptualiser et de fabriquer. Mais la réalité de ce qu’est devenue la filière automobile française est aux abonnés absents. En moins de 15 ans, la filière automobile manufacturière française a perdu plus de 140 000 emplois. Les salariés français sont mis en concurrence avec les travailleurs d’Europe de l’Est, de Turquie ou du Maroc et subissent de manière récurrente des conditions sociales toujours plus dégradées.
Sur les 10 voitures les plus vendues en France, seules 3 sont désormais assemblées dans l’Hexagone. L’obsession de marges toujours plus importantes au profit des actionnaires conduit les constructeurs et équipementiers à fabriquer des voitures toujours plus grosses, plus puissantes et de plus en plus inaccessibles pour une part importante des populations et ne répondent plus aux besoins de mobilité du quotidien. Entre 2019 et 2024, le prix moyen d’un véhicule neuf a augmenté de 41 %. L’âge moyen du parc de voitures particulières en France et en Europe ne cesse d’augmenter (11,5 ans en France et 12,5 ans en Europe), compromettant les trajectoires de décarbonation avec ses impacts pour le climat et la santé des populations.
En intégrant l’ensemble de la chaîne de valeur, il y a nécessité de dessiner une autre trajectoire pour l’industrie automobile française visant à répondre au besoin de mobilité de tous en proposant des véhicules abordables financièrement et soucieux du climat. L’argent des banques et les aides publiques doivent être mobilisés pour investir, relocaliser les productions pour les segments A et B, développer une filière française de la batterie aux composants et créer des emplois qualifiés. Renault, Stellantis, Valeo, leurs sous-traitants, nos usines et surtout les travailleurs disposent des compétences pour relever ce défi.
Avec 80 % des déplacements quotidiens inférieurs à 50 km, le PCF propose de produire 1 million de petits véhicules électriques par an, accessibles à toutes et tous, à 10 000 euros à l’achat, et en prêt à taux zéro à 100 euros par mois, après aides de l’État. C’est bon pour le climat, pour le pouvoir d’achat et pour notre souveraineté. Cela suppose de planifier les besoins et de reconsidérer la question de qui doit décider dans l’entreprise. Les travailleurs et leurs représentants doivent disposer de nouveaux droits d’intervention sur les organisations du travail, sur les investissements, les productions, l’emploi, les délocalisations et l’utilisation des aides publiques.
Produire en France des voitures de segment A et B dont une voiture électrique populaire, c’est bon pour le climat, l’emploi et le pouvoir d’achat. Pour y parvenir, reprenons le pouvoir sur nos choix industriels : les besoins de la population et du pays doivent passer avant les exigences des marchés financiers.
Fabien Gache
Article publié dans CommunisteS, numéro 1104 du 14 octobre 2026