La construction d’un projet de loi de finances (PLF) est un acte très politique, les choix qui y sont faits caractérisent les objectifs du pouvoir en place. Ce PLF 2027 illustre ce que nous savions déjà, nous communistes : c’est un budget qui propose au monde du travail, à la jeunesse, aux retraité·es l’austérité comme seul horizon. Ce sont 54 Md€ de restrictions prévues, faisant de la dette et du déficit public des instruments de propagande pour attiser la peur, tétaniser les luttes et décrédibiliser les propositions alternatives.
La commission économique du Parti nous donne de nombreux éléments pour décrypter le creusement du déficit et de la dette depuis le début du quinquennat de Macron et parmi eux :
- La charge des intérêts de la dette qui est estimée en 2026 à plus de 77, Md€. Pour rappel, la France n’a pas toujours emprunté sur les marchés financiers mais la loi de 1993, qui transpose dans le droit français les dispositions du traité de Maastricht, a mis fin à toutes possibilités de financement direct de l’État par la Banque de France, l’obligeant désormais à se financer sur ces marchés. Cet endettement n’a pas servi à la mise en œuvre de politiques publiques au service du bien commun mais bien à enrichir les marchés financiers. Par exemple, ce sont plus de 100 Md€ de distribution aux actionnaires en 2025, et le patrimoine cumulé par les 500 plus gros propriétaires d’entreprises et leur famille dépasse les 1 000 Md€. Ce total a été multiplié par 6,6 entre 2003 et 2025.
- Un taux de croissance trop faible, estimé entre 0,5 et 0,7 % en 2026, taux et possible récession économique qui obéreront les finances publiques, ne permettront pas de satisfaire les besoins de la population et conduiront à recourir toujours plus à l’emprunt.
- Des cadeaux fiscaux aux plus fortunés et aux grandes entreprises qui, en cumulé, auront représenté quelque 207 milliards d’euros sous l’ère Macron selon un rapport publié par ATTAC. Sans oublier les d’aides publiques et des soutiens versés aux entreprises d’un montant de 217 mds euros (rapport de Fabien Gay).
Le Parti communiste français n’est pas dupe, il a des propositions crédibles et documentées pour un autre financement, par exemple :
- Créer un fonds d’avances pour les services publics. Un fonds de 500 Md€ sur cinq ans, à taux zéro. Il serait financé par le pôle public bancaire et servirait à assurer des dépenses publiques, pas seulement des investissements matériels mais aussi des dépenses au service du développement humain et à son intervention décisive dans la création de richesse produite par le travail.
- Nationaliser deux grands réseaux bancaires privés, BNP-Paribas et Société Générale, et réformer le statut des grands réseaux d’origine mutualiste (Crédit Agricole, BPCE et Crédit Mutuel). Au-delà de la seule propriété du capital des banques, ce sont aussi leurs missions et les pouvoirs des salarié·es en leur sein qu’il faudra changer.
- Décider d’une grande réforme fiscale des entreprises et des particuliers pour assurer la justice fiscale et lutter effectivement contre la fraude et l’évasion fiscale (80 Md€ / an).
Alors, tous et toutes en campagne, un autre avenir est possible !
Patricia Tejas
membre du Comité exécutif national
Article publié dans CommunisteS, numéro 1104 du 14 octobre 2026