Les pompiers sont en lutte. Une manifestation nationale s’est déroulée mardi à Paris et a rassemblé plusieurs milliers d’entre eux venus de tout le pays. Dès dimanche soir, des dizaines de pompiers ont occupé le Champs de Mars ; lundi Fabien Roussel est allé les saluer et montrer non seulement sa connaissance du dossier mais également sa solidarité complète avec leurs revendications. Mais comment en est-on arrivé là ?
On l’a vu cet été : le réchauffement climatique décuple le risque de feux de forêts : ils sont plus nombreux, plus étendus et touchent désormais tout le pays. Cet été, 4 pompiers sont morts au feu, en Gironde, en Savoie et dans les Bouches-du-Rhône. Pourtant les moyens nationaux, notamment les avions ne progressent pas, au contraire. La vétusté des Canadairs limite leur disponibilité et rend difficile la mise en œuvre de la doctrine éprouvée d’attaque des feux naissants. L’État étrangle financièrement les départements qui financent les Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) et les investissements sont insuffisants : il y a 1 000 camions feux de forêts en moins qu’il y a dix ans. Les pompiers eux-mêmes sont en souffrance : professionnels trop peu nombreux et mal payés, volontaires sur-sollicités, et les questions sur la santé, notamment l’exposition aux fumées, restent largement ignorées.
Le constat est terrible et la question du risque de rupture capacitaire est posée. On parle du moment où la demande de secours dépassera les capacités matérielles et humaines des pompiers. Par exemple, le 25 juin dernier, il fait 40 degrés à Paris et la Brigade des sapeurs-pompiers réalise ce jour-là 2 500 interventions contre 1 200 en moyenne d’habitude. Un rythme impossible à tenir plus de 3 ou 4 jours d’affilée. Le 4 septembre dernier, le président du SDIS de Haute-Corse, Hyacinthe Vanni, craignait, dans une interview à Corse Matin, « un risque imminent de rupture capacitaire ».
Cela dit bien que la lutte des pompiers nous concerne tous. Les communistes veulent assurer la pérennité de notre modèle de sécurité civile et permettre aux pompiers de remplir leur mission : sauver les femmes et les hommes en danger, préserver les biens, protéger la forêt. Nous défendons l’idée que le pays qui a l’industrie aéronautique la plus puissante du monde n’a pas d’excuse pour mettre ses moyens aériens à la hauteur des besoins, que les SDIS, à travers les départements, doivent pouvoir bénéficier de nouvelles ressources, que les embauches de pompiers professionnels doivent reprendre massivement et que les volontaires doivent être valorisés.
Tout cela coûte de l’argent, mais cela tombe bien il y en a : le budget de l’État c’est 211 milliards d’euros donnés l’an dernier aux entreprises privées sans contrepartie, dont on peut récupérer une partie facilement ; la fraude fiscale, c’est 100 milliards d’euros de manque à gagner.
Nos pompiers le méritent, nous irons chercher les moyens nécessaires !
Adrien Tiberti
Article publié dans CommunisteS, numéro 1102 du 30 septembre 2026