Il y a des thèmes qui indisposent fortement nos bonnes âmes médiatiques quand ils font face à Fabien Roussel. Mettre en cause par exemple la politique internationale de Macron, sur l’Ukraine notamment, ça les horripile. Et c’est peu dire. Ainsi Duhamel le petit, l’autre matin sur France Inter, s’étouffait d’indignation parce que Roussel osait contester les choix diplomatiques de l’Élysée. Parler de paix alors que les marchands de canon commandent ? ! Quelle incongruité. « Si vous continuez, j’arrête l’interview », a menacé Duhamel le petit. Et aussitôt le bataillon des va-t-en-guerre s’est animé. Libération moque « un pacifisme dévoyé et une incompréhensible indulgence » (Le Nouvel Obs reprendra à peu près les mêmes termes) et Le Monde se rassure en écrivant, après le ralliement du RN à la doxa officielle, que l’option belliqueuse de Macron « traverse désormais l’ensemble du corps électoral ».
Un autre sujet agace nos éditorialistes. C’est l’idée qu’un homme politique, un candidat à la présidentielle dise qu’en ces temps troublés, il se trouve naturellement aux côtés des gens, dans la rue s’il le faut, dans les manifestations, « du bon côté de la barricade ». Cette position du candidat communiste (exprimée sur BFM l’autre jour) leur reste en travers de la gorge comme si c’était un pur scandale d’être solidaire des mobilisations populaires. Comme s’il y avait un code de bonne conduite du candidat à la présidence, comme s’il fallait absolument partager les « concepts » de Bercy, le vocabulaire de l’OTAN, le piapiatage sur la dette et surtout tenir à distance le populo et ses soucis. Hélas, Fabien Roussel dénonce « le collaborateur Patrick Pouyanné », il dit Stop au racket et, un comble, il se présente dans une station Total (reportages de TF1, l’Humanité, BFM, l’Oise Hebdo notamment), accompagné de militants, pour aller à la rencontre des automobilistes. « Roussel appelle à une nationalisation-sanction contre Total » titre BFM. Roussel « assume de comparer le patron de Total à un collaborationniste nazi », insiste l’Opinion. Sa demande de nationalisation provoque une réaction du côté de la FI : « Nationalisation de Total : Mélenchon refuse de suivre Roussel » note Emma Save du journal l’Avant-Garde, qui ajoute : « Derrière la querelle, deux visions opposées de la propriété publique. »
Jeudi soir, après l’intervention télévisée du président, le JDD titre « La gauche étrille Macron » et cite Fabien Roussel : « Les appels à l’esprit de responsabilité du Président se heurtent au mur de la colère des Français. L’interview présidentielle n’offre aucune perspective d’espoir, ni sur la paix, ni sur le pouvoir d’achat. N’attendons pas le 18 avril. Construisons l’avenir maintenant. » Le site « L’informateur deBourgogne.com » dénonce également le discours macronien et annonce : « Avec Fabien Roussel, c’est autre chose ».
Ce qui est sûr, c’est que les propositions communistes font parler. On aime, comme Pablo Biancarelli dans « Liberté.Actus » : « Fabien Roussel a parfaitement raison de tenir le discours qu’il tient. » Ou on aime moins, genre Le canard enchaîné qui titre « Fabien Roussel voit rouge ».
À noter enfin un dossier sur le candidat communiste et le logement sur le site SeLoger.
Article publié dans CommunisteS, numéro 1102 du 30 septembre 2026