Les lycéens commencent à faire plier le gouvernement, mais le compte n’y est pas

Publié le 26 octobre 2026

Il aura fallu plus de cinq semaines au gouvernement pour commencer à écouter les lycéens ! Cinq semaines de surdité, d’obstination, de répression et d'humiliations depuis que des blocages ont commencé mi-septembre. Pourtant les revendications sur le bâti insalubre, sur le manque d’enseignants et sur l’injustice de Parcoursup datent de plusieurs années. Les gouvernements successifs depuis plus de vingt ans ont créé les problèmes que nous rencontrons aujourd’hui

La pseudo-concertation menée avec une partie seulement des organisations lycéennes débouche sur un message clair du Premier ministre : il refuse de remettre en cause la logique budgétaire qui a provoqué la colère !

À l’heure de tous les défis, un haut niveau de formation devient indispensable. Étudier doit redevenir un droit pour toutes et tous et non une compétition sauvage pour se disputer les miettes de l’enseignement supérieur.

Le Premier ministre n’annonce que 15 000 places supplémentaires, alors qu’il en faut 300 000 dans le service public. Il faut accueillir les 126 500 candidats restés sans affectation cette année, ceux qui attendent depuis plus d’un an et les 150 000 jeunes contraints de se tourner vers le privé, au prix de frais exorbitants et de l’endettement de leurs familles. Il faut aussi anticiper l’arrivée des générations suivantes, qui seront nombreuses pendant encore dix ans.

Parcoursup est avant tout l’interface numérique qui masque le manque de places au lieu de le résoudre. Son rôle est de faire porter aux jeunes et à leurs familles la responsabilité de l’absence d’affectation, alors que le problème est celui du manque de moyens. Entre 2004 et 2024, le nombre d’étudiants a augmenté de 33 %, tandis que celui des enseignants titulaires du supérieur a diminué de 8 %. Face à ce problème majeur, le Premier ministre n’annonce aucune création de poste dans le supérieur pour encadrer les nouvelles places en IUT et en santé évoquées.

Dans le secondaire aussi, les lycéens réclament des moyens. Les places annoncées en BTS ne répondent pas à tout : seront-elles créées dans le public et avec quels enseignants, alors que les familles sont trop souvent contraintes de se tourner vers un privé coûteux ? Depuis 2003, 66 000 postes ont été supprimés dans le secondaire. L’annulation des 800 suppressions prévues en 2027 constitue une première victoire, mais les 1 900 postes annoncés compensent essentiellement les suppressions de la rentrée 2026. Lecornu ne propose donc aucune véritable création nette de postes et méprise une fois encore les revendications des lycéens. De même, La pause méridienne d’une heure ne suffira pas tant que le gouvernement refuse de revenir sur la réforme Blanquer. Il faut déblanquériser le lycée et recruter des enseignants.

Le « Plan Jeunesse » 2027-2032 de Fabien Roussel propose 90 000 recrutements et formations en cinq ans, ainsi que le dégel du point d’indice et le rattrapage du retard salarial. Pour les bâtiments scolaires, nous exigeons un plan d’urgence de 5 milliards d’euros et des prêts à taux zéro, plutôt qu’un simple prêt à taux réduit qui renvoie la responsabilité aux régions sans leur donner les moyens d’agir. Enfin, réformer Parcoursup avant de le remplacer ne répond pas à l’urgence. Les parlementaires communistes dénoncent depuis longtemps son caractère sélectif. La proposition de loi déposée le 2 mars 2026 par les sénateurs du groupe CRCE-K vise notamment à garantir la transparence des algorithmes et l’égalité d’accès aux candidatures dans les Outre-mer. Nous proposons une plateforme publique d’orientation, avec des personnels qualifiés pour informer, conseiller et accompagner chaque jeune vers la formation de son choix et l’accompagner en cas de réorientation.

Le débat doit donc désormais porter sur le budget de la Nation. Contrairement au discours dominant, l’austérité n’est pas une fatalité imposée par la dette. Les cadeaux fiscaux, les profits insuffisamment taxés et les intérêts versés à la finance sont autant de choix politiques. La suppression du Crédit impôt recherche, qui représente 8 milliards d’euros par an, permettrait de récupérer des moyens considérables : Sanofi, par exemple, a reçu plus d’un milliard d’euros en dix ans tout en supprimant des postes de chercheurs. L’argent existe : il faut le mobiliser pour garantir à toutes et tous le droit de vivre dignement.

Boycottés par Lecornu, les jeunes communistes appellent à reprendre les mobilisations et les blocages le 2 novembre. Le PCF organisera une distribution massive devant les écoles le 3 novembre. Toutes ses structures sont mobilisées pour réussir ces initiatives et préparer la grande manifestation interprofessionnelle du 5 novembre.


Paris, le 26 octobre 2026
Parti Communiste Français