Présentée comme une réponse à la crise agricole, la loi d’urgence adoptée par le Parlement ne règle rien. Elle ne garantit aucun revenu supplémentaire aux agriculteurs et agricultrices et laisse intact le système économique qui oblige trop souvent les exploitants à vendre leur production à un prix inférieur à leurs coûts de production, à s’endetter pour rester compétitifs et à produire toujours davantage pour maintenir leur revenu.
La droite et l’extrême droite prétendent défendre le monde agricole mais refusent de combattre le libre-échange, pourtant au cœur du problème. Les accords commerciaux organisent la concurrence avec des produits ne respectant pas le plus souvent nos normes sociales, sanitaires et environnementales. Le PCF exige la suspension de l’accord UE-Mercosur, des protections commerciales, l’interdiction des importations produites avec des substances interdites en France et la priorité aux productions locales dans la restauration collective.
Sur l’eau, le gouvernement oppose artificiellement agriculture et écologie. Les agriculteurs ont besoin d’un accès sécurisé à l’eau tout en veillant à la protection de la ressource dans le contexte de réchauffement climatique. L’accès à l’eau ne peut être accaparé par les exploitations les plus puissantes. Le PCF défend une gestion publique et démocratique pour déterminer territoire par territoire la gestion, les usages et les priorités sans opposer les agriculteurs, les habitants, les entreprises. L’accès à l’eau doit soutenir en priorité le maintien du plus grand nombre d’exploitations, l’installation de jeunes agriculteurs et la production de denrées agricoles destinées à la satisfaction des besoins sociaux des territoires.
Sur les produits phytosanitaires, le gouvernement place les producteurs devant un faux choix : utiliser des produits dangereux ou perdre leur récolte. La sortie des produits phytosanitaires exige des alternatives, de la recherche publique, un accompagnement technique et une garantie de revenu. Elle ne peut reposer sur les seuls agriculteurs.
Sur l’élevage, la construction de bâtiments d’élevage de grande capacité accélèrera la concentration des productions à l’opposé d’une nécessaire déspécialisation territoriale. Le PCF défend le maintien d’exploitations nombreuses, notamment dans les territoires herbagers et de montagne, des prix rémunérateurs pour le lait, la viande et les œufs, ainsi que le développement de la polyculture-élevage. Cela suppose un investissement public massif dans les abattoirs de proximité, les outils de transformation, les services vétérinaires et les services de remplacement.
La véritable urgence est le revenu. Le PCF propose des prix planchers couvrant les coûts de production, l’encadrement des marges, le rétablissement du coefficient multiplicateur et des outils publics de stockage.
Cette loi protège le complexe agro-industriel, pas les agriculteurs. Une vraie loi d’urgence aurait protégé nos marchés, allégé les dettes, soutenu l’installation et rendu aux producteurs la richesse qu’ils créent. La souveraineté alimentaire, c’est permettre à chaque agriculteur de vivre dignement de son travail et à la France de nourrir durablement sa population.
Le PCF propose donc la tenue d’un Grenelle de l’agriculture, associant directement les agriculteurs à l’élaboration et à la gestion de nouveaux outils publics d’intervention. L’objectif est clair : reprendre le pouvoir sur les prix, les marchés et la politique agricole pour garantir un revenu digne à celles et ceux qui nourrissent le pays.
Télécharger la déclaration complète.
Paris, le 22 juillet 2026
Parti communiste français