Le Conseil de sécurité des Nations unies vient de connaître une séquence diplomatique inédite et particulièrement préoccupante. Le veto russe au projet de résolution américain, puis le veto américain au texte alternatif présenté par la Russie, ont empêché tout renouvellement du mandat de la MINURSO. À quelques heures de son échéance, l'avenir de cette mission des Nations unies est désormais incertain.
Cette impasse révèle les profondes divisions des grandes puissances et leur incapacité à faire prévaloir une solution politique conforme au droit international.
Le Parti communiste français condamne cette situation. Il rappelle que le Sahara occidental demeure un territoire non autonome inscrit sur la liste des Nations unies et que la décolonisation de ce territoire reste inachevée. Le peuple sahraoui doit pouvoir exercer librement son droit à l'autodétermination, conformément à la Charte des Nations unies et aux résolutions internationales.
Nous contestons toute tentative de préjuger de l'issue du processus politique en faisant du plan d'autonomie marocain sous souveraineté marocaine l'unique cadre de négociation. Une solution durable ne peut être imposée au peuple sahraoui ni décidée à sa place.
Nous regrettons profondément que la France ait soutenu le projet américain. En affirmant que le Sahara occidental s'inscrit dans le cadre de la souveraineté marocaine, Paris s'éloigne des exigences du droit international et contribue à fragiliser la recherche d'une solution juste et mutuellement acceptable.
La MINURSO doit pouvoir poursuivre sa mission. Sa présence demeure essentielle à la stabilité régionale, à la surveillance du cessez-le-feu et à la préservation des conditions d'un règlement politique. Son avenir ne saurait être l'otage des rivalités entre puissances.
Le PCF appelle à une initiative urgente des Nations unies pour garantir la continuité de la MINURSO et relancer un processus politique crédible, sous l'égide de l'ONU, associant les parties concernées et respectant pleinement le droit du peuple sahraoui à décider librement de son avenir.
La paix ne se construira ni par les rapports de force ni par les faits accomplis. Elle exige le respect du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
Paris, le 31 octobre 2026
Parti communiste français