Les élections sénatoriales, le 27 septembre prochain, touchent la moitié des sièges du Sénat, soit 178 sièges sur 348. 95 000 grands électeurs sont appelés aux urnes. Sont impliqués, les départements allant de l’Ain (01) à l’Indre (36), puis du Bas-Rhin (62) au Territoire de Belfort (90), à l’exception de l’Île-de-France.
Cela concerne naturellement le groupe communiste, un groupe qui a déjà une longue histoire. Le premier élu du PCF fut Marcel Cachin (1936), déchu de son mandat par la réaction en 1940. Le groupe se reforme en 1946 dans ce qu’on appelait alors le Conseil de la République. Avec près de 30 %, le PCF obtient 83 élus communistes et apparentés. Le vice-président de la Chambre est un temps l’ouvrier horloger-mécanicien Georges Marrane, maire d’Ivry. Il avait raté la présidence de très peu, obtenant 129 voix comme son concurrent, mais c’est ce dernier, le MRP Auguste Champetier-de-Ribes qui l’emporta au bénéfice de l’âge.
Suite à un changement de mode de scrutin, à un changement aussi de climat politique (guerre froide), le groupe ne compte plus, en 1948, que 16 élus.
L’intitulé du groupe va changer plusieurs fois au cours de la IVe puis de la Ve République ; il se nomme depuis 2023 Groupe communiste Républicain Citoyen et Écologiste-Kanaky (CRCE.K) et est présidé, depuis cette date, par Cécile Cukierman, élue de la Loire. Il compte 18 élus.
Le site Wikipédia détaille l’évolution de la composition du groupe ces trente dernières années ainsi que l’historique par départements.
Intervenant devant le 40e congrès du PCF à Lille, début juillet dernier, Cécile Cukierman rappelait les nombreuses batailles menées par ces élus : « Ce bilan, déclara-t-elle, ne peut se mesurer seulement au nombre d’amendements déposés, il se mesure en revanche à la constance d’une ligne politique, à la capacité de faire entendre des réalités trop souvent invisibilisées, à la volonté de porter dans l’institution les préoccupations du monde du travail, des territoires populaires, urbains comme ruraux, des collectivités locales, des outre-mer et des services publics. »
Elle ajoutait : « Ce travail législatif s’accompagne d’un travail de contrôle exigeant. » L’élue citait alors la commission d’enquête du groupe en 2024 sur la paupérisation des copropriétés immobilières, portée par Marianne Margaté. « Cette commission d’enquête a permis de mettre au cœur du débat sénatorial la problématique du logement et plus précisément je dirais celle du mal-logement. Je pense également à la commission d’enquête sur l’utilisation des aides publiques aux grandes entreprises et à leurs sous-traitants, dont Fabien Gay fut notre rapporteur. »µ
Roger Friset
Article publié dans CommunisteS, numéro 1100 du 16 septembre 2026