Le carré rouge Une sépulture commune à Jean-Richard Bloch, Albert Ferrand et Marcel Willard (8)
En quelques épisodes nous allons vous accompagner pour découvrir le cimetière du Père-Lachaise. Enfin, y prétendre serait présomptueux, aussi au travers d’un aperçu rapide de son histoire, nous nous dirigerons plus particulièrement vers un espace que l’on nommera le « Carré rouge ».
Avant d’arriver à cette sépulture du « carré du parti » nous passerons devant le monument aux déportés d’Auschwitz-Birkenau, 76 000 juifs, 3 000 résistant·es patriotes : « Un peu de terre et de cendres d’Auschwitz perpétuent, ici, le souvenir de leur martyre. » Et ces mots de Paul Éluard : « Lorsqu’on ne tuera plus ils seront bien vengés. Le seul vœu de justice a pour écho la vie. »
Jean-Richard Bloch 1884-1947 Homme de lettres, il épouse Marguerite Herzog en 1907. Il est blessé à trois reprises pendant la guerre de 1914-1918. À la fin de la guerre il collabore à La Vie ouvrière, à l’Humanité et à Clarté. Il adhère au PCF en 1921 et le quitte en 1923.
Avec Romain Rolland il participe à la création de la revue littéraire, Europe. En 1934, il adhère au Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA) et à l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR). En 1937, avec Aragon, il fonde le journal Ce soir. Il ré-adhère au PCF en 1939, entre en résistance et, en 1941 avec sa femme, il s’exile en URSS.
En 1945 il reprend la direction de Ce soir. En 1946 il est, comme communiste, conseiller de la République. Il meurt subitement le 15 mars 1947. Il est inhumé le 20 mars 1947, une foule immense l’accompagne du siège de Ce soir, rue du Louvre, jusqu’au Père-Lachaise.
Sa femme Marguerite, née Herzog 1886-1975 Sœur d’André Maurois, elle adhère au PCF à l’été 1939 ; membre de la direction nationale de l’UFF, présidente du comité d’honneur de l’UFF et membre du Conseil national du Mouvement de la paix. Elle décède le 8 novembre 1975.
Albert Ferrand 1903-1956 Volontaire des Brigades internationales. Le 6 novembre 1956, après l’intervention de l’URSS en Hongrie, des groupes fascistes attaquent, incendient le siège du PCF carrefour Châteaudun, puis se rendent sur les grands boulevards au siège de l’Humanité. C’est en défendant les locaux du journal qu’il a été tué. Il sera inhumé le 17. Un autre camarade du PCF, François Le Guennec, membre du bureau syndical du Syndicat général du Livre parisien décédera le 8, ainsi qu’un syndiqué de la CGT-FO.
Marcel Willard 1889-1956 Inhumé le 22 février 1956. Marqué par l’expérience de 14-18, enthousiasmé par la Révolution d’Octobre, il milite en faveur de l’adhésion à la IIIe Internationale. En 1923, il devient secrétaire d’un groupe des avocats communistes, et chroniqueur juridique à l’Humanité. Il est membre du Secours Rouge international.
À partir de 1933, il joue un rôle important dans la défense de Georgi Dimitrov, dirigeant communiste bulgare accusé d’avoir incendié le Reichstag.
Défenseur principal des députés communistes lors de leur procès en 1940. Après le procès, il entre dans la clandestinité.
À la libération de Paris il a la charge de s’emparer du Palais de Justice. Il devient le premier secrétaire général à la Justice, directeur de cabinet d’Ambroise Croizat, alors ministre du Travail, et membre du Conseil de la République en 1946.
Il meurt, le 17 février 1956.
Gérard Pellois
Article publié dans CommunisteS, numéro 1078 du 18 mars 2026.