Samedi 17 octobre, plus de 800 000 personnes ont défilé partout en France. La mobilisation lycéenne a ouvert la voie, et des Françaises et des Français de tous horizons l’ont rejointe. Travailleurs, étudiants, apprentis, nos raisons de lutter se rejoignent. Ce samedi a aussi été marqué par des scènes de casse et de pillage. Nous les refusons, parce qu’elles affaiblissent le mouvement. Elles ne construisent aucun rapport de force, frappent d’abord les habitants des quartiers touchés et offrent à Emmanuel Macron les images dont il a besoin pour effacer 800 000 manifestants. Plus de 75 % des Français soutiennent les revendications lycéennes. Ce soutien est notre force, à nous de le préserver. Car le gouvernement, lui, a choisi le chaos. Répression brutale des cortèges, une responsable de la CGT blessée à Toulouse, des préfectures qui entravent les déclarations de manifestation. En refusant la démission de Laurent Nuñez, le Président couvre cette doctrine. Dimanche soir, il n’a répondu à aucune de nos exigences, préférant accuser les partis et la crise internationale. Le lendemain, il s’envolait pour le Moyen-Orient avec Total. Il nous invite à débattre dans les médias. Mais qui tient le micro ? Quels lycéens professionnels, quels apprentis, quels ouvriers ont été entendus ces dernières semaines, ces derniers mois, ces dernières années ? Aucun. Ce gouvernement défend une classe sociale. Pour beaucoup, la rue reste le dernier moyen de se faire entendre. Nous n’attendons donc rien d’Emmanuel Macron. Pour le faire céder, la mobilisation doit monter d’un cran. Ce cran, ce n’est pas la violence, c’est la grève et l’entrée massive des travailleuses et des travailleurs dans la lutte. Le 2 novembre, nous serons dans les lycées, les CFA et les universités. Le 5 novembre, en grève et dans la rue aux côtés du monde du travail. Pour abroger Parcoursup, pour un vrai statut des stagiaires et des apprentis, pour un million d’emplois, pour l’autonomie des étudiants. Notre avenir se gagnera par le rapport de force.
Bastien Bonnargent
Secrétaire général du MJCF
Article publié dans CommunisteS, numéro 1106 du 28 octobre 2026