Affaire Lyhanna : la faillite d’un système

Publié le 05 juin 2026

Le Parti communiste français exprime sa profonde émotion après la découverte d’un corps qui devrait, selon toute vraisemblance, être celui de Lyhanna, 11 ans, disparue depuis plusieurs jours. Nous adressons nos pensées à sa famille, à ses proches.

Mais aujourd’hui, l’émotion ne suffit plus.

Car ce que révèle l’affaire Lyhanna dépasse le cadre d’un fait divers tragique.
Elle met en lumière une contradiction devenue insupportable: jamais la protection de l’enfance n’a autant été proclamée priorité nationale ; jamais les professionnels, les magistrats,les associations et les familles n’ont autant alerté sur l’incapacité croissante des institutions à protéger effectivement les enfants.
Les éléments aujourd’hui connus sont accablants .

Depuis plusieurs années,des alertes, signalements,et procédures auraient concerné le principal suspect.
Plusieurs institutions ont été amenées à intervenir.
Pourtant, aucun dispositif n’a permis d’empêcher qu’une enfant de 11 ans perde la vie.

Il ne s’agit pas ici de désigner à l’avance des responsabilités individuelles.
Néanmoins, il est déjà possible d’identifier une responsabilité politique.

Lorsque les services de justice manquent de magistrats, lorsque les enquêtes s’accumulent faute d’effectifs suffisants, lorsque les délais deviennent incompatibles avec la protection immédiate des enfants, lorsque les dispositifs spécialisés sont insuffisants, lorsque les professionnels de la protection de l’enfance travaillent dans des conditions toujours plus dégradées, nous ne sommes plus face à des dysfonctionnements isolés.
Nous sommes face à une faillite structurelle.

Chaque année,des milliers de mineurs victimes de violences sexuelles voient leur parole se heurter à des procédures interminables.
Des plaintes sont classées sans suite.
Des enquêtes demeurent en attente.
Des familles restent sans réponse pendant des mois, parfois des années.

Dans le même temps, les gouvernements successifs continuent d’affirmer que la protection de l’enfance demeure une priorité absolue.
Une priorité se mesure aux moyens qu’on lui consacre.

Or, les choix politiques et budgétaires racontent une autre histoire.
L’affaire Lyhanna doit marquer un tournant.
Le Parti communiste français appelle à un plan d’urgence national pour la protection de l’enfance comprenant notamment :

  • le renforcement massif des moyens de la justice des mineurs et des services d’enquête spécialisés
  • ⁠le développement de structures spécialisées pour l’accueil et l’accompagnement des enfants victimes
  • ⁠une véritable coordination entre les institutions concourant à la protection de l’enfance
  • ⁠la mise en œuvre des préconisations formulées par la Ciivise
  • ⁠l’inscription de la protection de l’enfance au rang des priorités nationales avec les moyens humains et financiers correspondants.

La mort de Lyhanna est le résultat d’un système qui proclame protéger les enfants mais qui ne donne aucun moyen pour le faire.
Une société se juge à la manière dont elle protège ses enfants.

Paris, le 5 juin 2026, 
Parti Communiste Français