Si tu n’es pas antiraciste, tu es quoi ?

Publié le 30 juillet 2026

Le suicide de Joris, 21 ans, après des années de harcèlement et d’insultes racistes dénoncées par sa famille, nous bouleverse profondément. Nous adressons à ses proches notre soutien et notre solidarité dans cette épreuve terrible.

La justice devra établir les faits et déterminer les responsabilités. Mais au-delà de ce drame, une réalité nous interpelle : les réactions de certains sur les réseaux sociaux et dans les espaces de commentaires.

Sous les articles de presse et sur les réseaux sociaux, des commentaires se réjouissent, ironisent ou minimisent la mort d'un jeune homme. D'autres relativisent les insultes racistes ou les justifient. Cette absence d'empathie, cette banalisation de la haine et cette déshumanisation ne sont pas de simples dérapages. Elles témoignent d'un climat inquiétant où le racisme se dit plus librement, plus ouvertement, avec le sentiment qu'il est désormais acceptable.

Cette libération de la parole raciste n'est pas le fruit du hasard. Depuis plusieurs années, des responsables politiques, des éditorialistes et certains médias contribuent à banaliser des discours de stigmatisation, à désigner des boucs émissaires et à faire du rejet de l'autre un élément ordinaire du débat public. Lorsque les paroles racistes ne sont plus clairement condamnées, elles finissent par être perçues comme une opinion parmi d'autres.

Le racisme n’est pas une opinion. C’est une idéologie qui nie l’égalité entre les êtres humains. Il détruit des vies, nourrit les discriminations et menace les fondements mêmes de notre République.
L’Histoire nous rappelle que les grandes tragédies ne commencent pas toujours par des actes de violence extrême. Elles commencent souvent par un processus plus insidieux : la désignation d’un « autre », la répétition des préjugés, l’habitude de l’indifférence, puis l’acceptation progressive de l’inacceptable.

Nous refusons cette banalisation. Nous refusons que la souffrance d’une victime puisse devenir un sujet de plaisanterie. Nous refusons que la haine puisse se répandre sans réaction.

Face au racisme, il ne peut y avoir de neutralité. Les responsables politiques, les médias, les plateformes numériques et chaque citoyen ont une responsabilité : celle de ne jamais laisser la haine devenir ordinaire.
La dignité humaine n’est pas négociable. Elle impose de combattre, partout et toujours, le racisme, l’antisémitisme, la haine envers les musulmans, la xénophobie et toutes les formes de rejet de l’autre.

Si tu n’es pas antiraciste, tu es quoi ?

Paris, le 30 juillet 2026

Parti communiste français.