Plus de deux mois après le meurtre de Lyhanna, les résultats de la revue nationale demandée par le garde des Sceaux permettent désormais de mesurer l’ampleur des défaillances dans le traitement des violences sexuelles faites aux mineurs.
Alors qu’environ 70 000 procédures étaient initialement évoquées, 85 047 plaintes en cours de traitement ont finalement été recensées.
Les remontées des 37 parquets généraux dessinent une cartographie nationale particulièrement préoccupante. À Nîmes, 1 275 procédures « fantômes » étaient inconnues du parquet : 875 dans les services de police, 400 dans ceux de la gendarmerie. À Caen, elles sont 905. Des procédures sont également perdues ou non localisées : une quinzaine à Bourges, 17 à Angers, 6 à Annecy, 23 à Paris. Dans plusieurs ressorts, des enquêtes sont restées sans investigation pendant des mois, voire des années.
Cette situation ne peut être séparée de la question des moyens : 6 enquêteurs pour 4 000 procédures au Mans, plus de 300 dossiers par enquêteur à Amiens, 17 enquêteurs à Rouen pour un besoin estimé à 60, et jusqu’à 140 procédures par enquêteur dans le Calvados.
Cette répartition sur l’ensemble du territoire établit un constat : nous ne sommes pas face à une succession de dysfonctionnements individuels. Procédures non transmises, dossiers perdus, enquêtes en attente, services sous-dotés, professionnel·les submergé·es : cette cartographie est celle d’une faillite structurelle.
Le Parti communiste français demande au gouvernement la publication d’un état des lieux national, transparent et territorialisé des procédures concernant les violences sexuelles faites aux mineurs, de leur transmission et de leur traitement, ainsi que des moyens nécessaires pour résorber les procédures en stock.
Ces révélations doivent nourrir l’examen du projet de loi relatif à la protection des enfants, examiné au Sénat à compter du 27 octobre. Nous ne pouvons que regretter son examen si tardif, alors même qu’il a été adopté par l’Assemblée nationale le 21 juillet.
Ces éléments factuels confortent également l’urgence de l’examen et de l’adoption d’une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants.
Plus de deux mois après le meurtre de Lyhanna, la réponse ne peut plus se limiter à rechercher et sanctionner des fautes individuelles.
La responsabilité politique est désormais de garantir les moyens permettant à la police, à la gendarmerie, à la justice et à l’ensemble des services publics concernés de protéger effectivement les enfants.
Le 7 septembre, de nouvelles mobilisations auront lieu partout en France.
Le Parti communiste français appelle à se mobiliser autour d’une exigence claire :
Plus aucun enfant en attente de justice.
Des moyens pour enquêter.
Des moyens pour juger.
Des moyens pour protéger.
La protection des enfants n’est pas une promesse : c’est une obligation de l’État.
Paris, le 13 août 2026
Parti communiste français.