Ariane 6 a effectué son premier vol le 9 juillet dernier.
Le Parti Communiste Français salue chaleureusement la remarquable réussite des ingénieurs, techniciennes et techniciens, et personnels, de l'ONERA (Office national d'études et de recherches aérospatiales) et du CNES (Centre national d'études spatiales) qui, associés à leurs homologues européens de l’ESA (Agence spatiale européenne), redonnent à l'Europe une place remarquable dans la conquête de l'espace.
Ce succès est d'autant plus significatif que les choix budgétaires des gouvernements depuis 2012 ont limité le développement du CNES et de l'ONERA.
Ce manque d'engagement de l'Etat et des industriels français a amené notre pays à un recul dans ses positions au sein de l'ESA, et a participé au retard sur le Programme spatial.
Avec ce succès, la science et le technologie européenne se replacent dans la conquête spatiale et confirment le potentiel humain dont dispose notre continent.
Disposant d'un puissant lanceur, l'Europe doit à présent se fixer de nouveaux objectifs.
Face aux défis technologiques qui se présentent, à l'agressivité de la concurrence internationale (notamment avec les R&D américaine, chinoise, indienne…), notre pays doit impérativement prendre des initiatives pour assurer notre sécurité et notre indépendance, à l’échelle nationale et européenne.
La tentative ruineuse de remettre Galileo aux mains du privé a été un formidable échec, obligeant les Etats à reprendre le flambeau. Aujourd'hui Galileo ne couvre que 20% du spectre de la géolocalisation, certains satellites plus anciens arrivent en fin de vie. La relance de Galileo est un impératif stratégique. Aujourd'hui il n'est plus possible que l'Europe dépende fortement du GPS américain, aliénant ainsi notre liberté de décider, de nous renseigner et d'assurer la sécurité de notre pays et du continent.
A ce jour, la numérisation du champ de bataille dépend exclusivement du bon vouloir des Américains et cela quels que soient les systèmes Thales ou Atos qui dépendent du GPS US et des serveurs numériques des GAFAM (notamment les Cloud AZUR, Google ou Amazon).
C’est une démonstration sans appel à l’attention du futur nouveau gouvernement : la filière technique française et européenne se porte bien. Il devra proposer des choix clairs en rupture avec la politique acceptée de vassalisation de notre pays dont Emmanuel Macron a été l'auteur.
Au contraire, le dossier ATOS qui est lié à ce projet ambitieux doit voir une solution nationale s'appuyant sur les travaux de la Commission sénatoriale. En particulier, la nécessité d’un Cloud Européen est à construire : nos technologies de pointe ont besoin d'un super calculateur que seul ATOS peut réaliser en Europe.
Les enjeux actuels impliquent de rehausser notre engagement en faveur de l’investissement scientifique et spatial, et de développer, en toute indépendance, les coopérations nécessaires pour une véritable autonomie stratégique de notre pays et de l’Europe.
Paris, le 15 juillet 2024
Parti communiste français.