Avec une augmentation des crédits de paiement de 0,65% pour le financement des universités et assimilé, et de 0,7% pour la recherche menée par les organismes et l'ANR, le ministère de l'ESR semblerait presque faire figure d'épargné au sein des coupes budgétaires drastiques du budget 2025. Ceci ne fait pas illusion très longtemps, tant les coups de rabots se font contre le budget de la vie étudiante qui, lui, baisse de 2,31% en raison d'une baisse de l'aide directe aux étudiants et à leurs familles !
De même, des recherches thématiques sont directement affectées, dont celles traitant des sciences de la vie, de l'énergie et des SHS. Si le CNRS, l’Inserm et l’INRAE voient leur budget augmenter légèrement -en-deçà de l'inflation toutefois- l'IFREMER et l'INED subissent de fortes baisses.
Par ailleurs, ce budget déjà bien terne sera-t-il pleinement exécuté s'il est voté ? Il est permis d'en douter lorsque l'on voit ce qu'il est advenu du budget 2024 et ses promesses non tenues. Voilà d'ailleurs que le gouvernement Barnier vient de procéder, en date du 2 octobre, à un nouveau train de suppression de crédits, avec par exemple un retrait de 50 millions d'euros à la subvention de service public du CNRS.
Pour nous communistes, étrangler le budget de l'enseignement supérieur et de la recherche, comme de l'ensemble du service public, a pour conséquence de favoriser l'enseignement supérieur privé. Cela implique aussi et surtout le sacrifice de l'avenir du pays et de la jeunesse, dans le seul but de préserver les cadeaux fiscaux innombrables dont ont bénéficié les grandes entreprises privées toutes ces dernières années, comme le Crédit impôt recherche qui reste au-dessus du niveau des 7 milliards d'euros.
Pour nous communistes, les profits colossaux dégagés par le CAC 40 et les autres grands groupes doivent, grâce à la prise du pouvoir des salarié.e.s dans les entreprises, être mis au service du financement de la formation supérieure permettant à la jeunesse de vivre et d’étudier dans des conditions correctes. Ils doivent aussi assurer le développement sans limites et sans confiscation du savoir, pour répondre aux multiples crises écologique, économique, sociale, culturelle, auxquelles nous faisons actuellement face. C'est une question de civilisation que nous défendrons en tous lieux. Il ne s'agit pas d'une utopie : les organismes publics d'enseignement et de recherche, démocratiquement organisés, sont des outils à disposition pour enclencher ce choix majeur.
Paris le 6 novembre 2024,
Parti communiste français.