Toujours mordante la confédération syndicale plus que centenaire qui tenait son 54e congrès ! Réunis à Tours, les délégués des organisations territoriales et des fédérations professionnelles ont passé à nouveau le cap symbolique des 600 000 syndiqué·e·s. Entre deux congrès, ils et elles ont été 140 000 à rejoindre la CGT, avec un apport massif au moment de la grande mobilisation contre la réforme des retraites Macron.
La confédération considère avoir empêché le gouvernement de tourner la page et indique sa pleine détermination à obtenir le retrait de la réforme appuyée par une majorité de Français, 61 %, qui disent « vouloir revenir à la retraite à 62 ans ».
Une confédération qui réfléchit, dans les textes comme au micro du congrès, à tirer les leçons de la mobilisation, à s’appuyer sur ses réussites pour dépasser ses limites.
C’est dans une ambiance apaisée, avec des débats sincères, parfois vifs mais toujours fraternels, que s’est tenu le 54e congrès, à mille lieues des tensions qui avaient pu marquer le 53e. Et une confédération déterminée à être sur tous les fronts dès qu’ils concernent travailleuses et travailleurs.
Ainsi le moment suspendu offert par les musiciens de l'orchestre philarmonique du Centre-Val-de-Loire qui viennent d’obtenir leur passage en CDI, dans la lutte !
Ainsi ce grand moment de solidarité internationale acclamé par le congrès qui a vu se succéder en tribune des responsables syndicaux burkinabés, palestiniens, de République démocratique du Congo, et d’autres encore pour dire non aux menaces faites à Cuba et aux guerres. Une solidarité internationale fondatrice pour les organisations syndicales après que la Déclaration de Philadelphie, adoptée le 10 mai 1944 par la Conférence générale de l'Organisation internationale du travail (OIT), a déclaré qu’ « une paix durable ne peut être établie que sur la base de la justice sociale ».
Un congrès accueillant 109 syndicalistes invités, venus de 69 pays, contribuant à la réflexion sur la lutte contre la poussée de l’extrême droite, avec un meeting de l'Internationale ouvrière contre l'extrême droite au cœur du congrès.
Dans un rapport d’introduction très complet, la secrétaire générale de la CGT s’est employée à faire le lien entre la rapacité d’un capitalisme en pleine mutation et les situations de déclassement vécues par les travailleuse et travailleurs. Rappelant à la fois les luttes victorieuses ayant pu être arrachées par la CGT, les points durs mais aussi la répression antisyndicale d’un niveau inédit.
Sophie Binet a aussi voulu interpeller directement les représentants des partis politiques qui se sont succédé sur les deux premières journées avec Fabien Roussel, Olivier Faure, Marine Tondelier ou Manuel Bompard (Fabien Roussel conduisant une délégation du PCF alternée sur deux jours avec le président de groupe à l’Assemblée nationale Stéphane Peu, le responsable des relations avec les syndicats Aymeric Seassau, la responsable Europe Charlotte Balavoine et le trésorier Christophe Grassullo).
Pour la secrétaire générale, la CGT se refuse à toute instrumentalisation politique et affirme que la confédération ne sera jamais neutre. Elle a invité à tourner résolument la page de 10 ans de macronisme et à empêcher toute victoire de l’extrême droite « par l’unité, par la mobilisation, et grâce à des perspectives sociales fortes » prenant appui sur les 90 ans du Front populaire. Elle a ainsi proposé 3 axes prioritaires : La socialisation des richesses, la transformation du modèle productif, la démocratisation du travail.
Une invitation au dialogue prise au mot par Fabien Roussel qui a aussitôt invité la secrétaire générale de la CGT au 40e congrès pour pouvoir répondre pour le PCF aux messages qui ont été adressés aux forces politiques de gauche et à leurs candidat·e·s à la présidentielle.
Une chose est sûre, dans le combat social comme dans les grandes questions qui sont posées au pays, il faudra compter ces prochaines années sur une CGT combative !
Aymeric Seassau
membre du CEN
Article publié dans CommunisteS, numéro 1090 du 10 juin 2026.