Un congrès est toujours un moment majeur dans la vie d’un parti. Il permet de dresser un bilan, de réactualiser nos analyses au vu de l’évolution du monde et de la société et surtout de se projeter collectivement dans l’avenir. Mais le 40e congrès du Parti communiste français revêt un caractère tout à fait particulier. Il se tient dans une période de bouleversements profonds, où le capitalisme mondialisé montre ses limites et où la gauche fait face à un rétrécissement préoccupant de sa base sociale au profit de l’extrême droite. Dans ce contexte, le PCF a la responsabilité de prendre toute sa part à la reconstruction d’une force populaire capable de transformer en profondeur la société et faire définitivement reculer l’extrême droite.
Nous vivons une crise mondiale d’une ampleur inédite. Le modèle néolibéral, fondé sur la concurrence généralisée, la financiarisation de l’économie et la marchandisation du monde, arrive à épuisement. La globalisation libérale telle qu’elle s’est construite depuis les années 1990 touche à sa fin. Le monde entre dans une nouvelle phase marquée par la multipolarité, la remise en cause de l’hégémonie états-unienne, la dédollarisation partielle des échanges et des rapports de force internationaux profondément reconfigurés. Face à ces bouleversements, une partie de la classe capitaliste, à l’échelle mondiale, apporte des réponses autoritaires et réactionnaires. Le trumpisme et d’autres forces d’extrême droite prospèrent sur des colères populaires détournées de toute perspective émancipatrice. En France, l’incapacité du pays à peser sur la scène internationale, l’affaiblissement du tissu industriel et le recul des services publics - en somme, le grand déclassement des travailleurs - nourrissent directement l’extrême droite. La gauche, quant à elle, peine à rassembler durablement le monde du travail et les classes populaires ; pire encore, elle tend trop souvent à effacer l’affrontement de classe.
Dans ce contexte, le PCF doit porter une nouvelle ambition pour le pays et pour le monde. Le 40ᵉcongrès doit affirmer clairement le rôle que notre parti entend jouer dans les années à venir : être un outil utile au service des travailleurs pour la conquête des pouvoirs.
Affirmer l’ambition de l’Union du peuple de France et clarifier nos perspectives de transformation constituent une tâche centrale de ce congrès. Cela suppose de s’appuyer sur un bilan lucide de l’action menée depuis les 38ᵉ et 39ᵉ congrès, afin de construire un projet solide, crédible, partagé et partageable. Cela implique également de mettre à niveau notre projet et le processus révolutionnaire que nous entendons engager pour construire une société émancipatrice. Bien évidemment, notre organisation, notre structuration, nos campagnes nationales, ou encore le rôle de nos directions seront au centre des débats de notre prochain congrès.
Face à la crise mondiale du capitalisme, à la résurgence de l’extrême droite et à l’étiolement de la base sociale de la gauche, ce congrès doit permettre au PCF de prendre pleinement sa place dans la bataille politique et sociale pour la conquête des pouvoirs.
Pour que la ligne de notre parti soit largement appropriée par les adhérents et en phase avec la réalité de notre parti, il est indispensable d’associer l’ensemble des adhérentes, des adhérents et des structures du Parti. La phase de contribution est ouverte ! Les contributions peuvent être diverses : porter sur l’analyse du monde tel qu’il est, débattre des orientations et des priorités du Parti, réfléchir à nos objectifs d’organisation et de structuration... L’ensemble des contributions viendra enrichir le travail de la commission texte du Conseil national. La base commune sera adoptée par le CN le dernier week-end de mars.
Les débats du 40ᵉcongrès du Parti communiste français sont ouverts, participez, contribuez !
Léon Deffontaines
Article publié dans CommunisteS, numéro 1073 du 11 février 2026.