C’est dans le cadre solennel de la base de l’Ile Longue qu’Emmanuel Macron a délivré un discours extrêmement guerrier, dangereux et irresponsable, piétinant la nécessaire politique de paix et remettant en cause l’indépendance de notre pays.
Il a notamment développé le concept de « dissuasion avancée », rendant possible le positionnement de forces aériennes stratégiques françaises en Europe et permettant à d’autres pays européens de participer à des exercices nucléaires « en pleine transparence avec les États-Unis d’Amérique et en coordination étroite avec le Royaume-Uni », et en coopération étroite avec l’Allemagne.
Ce n'est plus de la dissuasion nucléaire, mais une fuite en avant nucléaire. C’est un changement de doctrine stratégique, imposé par le césarisme guerrier du président de la République, sans consultation du Parlement dont les prérogatives sont piétinées.
Il s’agit bien d’une forme d’européanisation de l’arme nucléaire française à laquelle le PCF est vigoureusement opposé. Elle écorne la pleine souveraineté de la dissuasion nucléaire. Rappelons que le nucléaire britannique, sur lequel s’aligne le président de la République, est inféodé à Washington. Le fédéralisme nucléaire européen présenté par le président de la République tourne le dos à une défense nationale indépendante, mais au contraire renforce la soumission de notre pays sur l’OTAN, bras armé des USA.
Emmanuel Macron, durant 50 minutes de discours, ne dit rien d’une action diplomatique indépendante de la France pour la paix et le droit international, première composante d’une politique de défense. Il reste fidèle à sa politique de renoncement et d’effacement du rôle diplomatique de la France.
Le Parti communiste français rappelle son attachement à une politique de défense nationale et populaire, indépendante et souveraine, outil d’une politique de paix, placée sous contrôle de la nation, mise au service exclusivement de la défense du peuple français, avec un outil de défense proportionné et modernisé, y compris en ce qui concerne la dissuasion nucléaire.
L'augmentation du nombre de têtes nucléaires de l'arsenal de la France relève d'une fuite en avant inacceptable dans le tout nucléaire européanisé. La force nucléaire ne doit servir que les impératifs de la défense nationale. De plus, la dissuasion nucléaire ne peut pas être la clé de voute de la politique de défense. Le tout nucléaire est une impasse dangereuse. En mettant face à face et en concurrence les puissances nucléaires, le seuil d’emploi de ces armes destructrices est de fait considérablement abaissé.
La reconstruction d’une politique de défense implique une redéfinition du lien entre l’armée et la nation et la reconstitution d’une base industrielle et technologique de défense sous contrôle de la nation, en articulation avec les besoins civils et militaires.
Emmanuel Macron ne fait qu’entériner la destruction des cadres juridiques d’encadrement des armements nucléaires. C’est irresponsable et contraire au droit international. Le PCF appelle le gouvernement à jouer un rôle actif et indépendant lors de la prochaine conférence d’examen du TNP se tiendra du 27 avril au 22 mai à New-York, en faveur d’un processus de désarmement nucléaire progressif, multilatéral et négocié conforme au droit international. La France jouerait un rôle positif au niveau international en siégeant comme observateur à la conférence des Etats parties du traité TIAN de l’ONU.
Paris, le 2 mars 2026
Parti communiste français.