Ivry : un siècle de gestion communiste

Publié le 19 novembre 2025

Organiser à l’initiative de la section d’Ivry un banquet pour marquer les 100 ans de l’installation du premier conseil municipal dirigé par un maire communiste ne constituait pas seulement un moment festif et chaleureux. Il avait comme objectif de rappeler ces pages d’histoire, par le biais d’une exposition, montrant combien les choix politiques mis en place font d’Ivry une ville audacieuse, solidaire, utile, féministe, pacifiste, humaniste, écologique, émancipatrice, démocratique et combative. Mais aussi, par l’intervention du maire actuel Philippe Bouyssou, de montrer que c’est bien « l’ambition d’établir et de faire grandir une contre-société ouvrière, populaire, en opposition aux valeurs bourgeoises et libérales, qui guida les élus de notre ville. »

Avec constance, ces derniers ont conçu, inventé, développé et défendu un service public communal qui fait de l’accès à l’éducation, aux loisirs, aux vacances, à la pratique sportive, culturelle… non pas une question d’aumône ni une question de moyens financiers, mais bien une question de droits, pleins et entiers, et d’équité d’accès entre les Ivryennes et les Ivryens… » Ils font le pari d’une gestion locale innovante, pour tenter d’améliorer les conditions de vie des milieux populaires.

Ces successions de choix, de prises de risques qu’ont assumés au cours du temps Georges Marrane, Jacques Laloë, Pierre Gosnat et Philippe Bouyssou ont mis en place une politique d’aménagement qui s’est toujours voulue, à l’échelle d’un siècle, le levier d’une lutte pour un logement digne et abordable, et tout particulièrement le logement social, présent partout sur le territoire de la commune.

Durant ces décennies, les communistes ont cherché à dépasser les réflexes d’hégémonie par des pratiques de rassemblement des forces politiques, et en permanence à associer la population dans les décisions et dans les luttes.

Ce moment convivial nous a permis aussi de rappeler que cet héritage-là doit demeurer aujourd’hui une affirmation politique essentielle, pour la future équipe municipale en pleine construction ; et une réalité tangible, porteuse d’espoir chez les Ivryens, alors que l’on prétend renvoyer chacune et chacun à sa capacité à consommer, sa couleur de peau, sa nationalité ou sa religion !

Connaître et faire connaître cette mémoire, c’est nous donner les moyens de la garder nôtre, contre les coups de boutoir que doit aujourd’hui affronter une ville populaire et métissée comme Ivry, de la part des différents gouvernements néolibéraux et contre les petits entrepreneurs politiques du RN qui s’intéressent à Ivry !

Chantal Bourvic

Article publié dans CommunisteS, numéro 1063 du 19 novembre 2025.