En passant par la Lorraine, terre de travail, de luttes et de solidarités

Publié le 16 décembre 2025

Programme chargé pour Fabien Roussel, 24 heures en Meurthe-et-Moselle autour d’un fil conducteur : le travail.

Le travail des ouvriers, techniciens et ingénieurs de Saint-Gobain PAM d’abord. À Pont-à-Mousson, on produit de la fonte ductile depuis 1856, à partir des deux derniers hauts-fourneaux en activité de Lorraine, pour en faire des tuyaux. Dans le prolongement de cette usine qui compte encore environ 700 salariés, on trouve la fonderie de Blénod-lès-Pont-à-Mousson, où 350 salariés fabriquent des regards, des avaloirs et des plaques d’égout que vous retrouvez dans le monde entier. En près de 170 ans d’activité, les générations de travailleurs qui se sont succédé dans cette usine ont développé un savoir-faire qui fait de l’entreprise un des leaders mondiaux de la fabrication et de la commercialisation de solutions complètes pour l’adduction d’eau et l’assainissement. Elle est aujourd’hui confrontée à un double défi, au cœur des échanges entre Fabien Roussel, les dirigeants de l’usine, les salariés et leurs représentants syndicaux.

La concurrence internationale d’une part, forcément déloyale, soumet l’activité à une forte pression. Pour faire face, il y a la commande publique, c’est le principal débouché de SG PAM. Pour favoriser les entreprises françaises et européennes, les collectivités peuvent s’appuyer sur les clauses de réciprocité. Seule une poignée d’intercommunalités (dont la métropole du Grand Nancy) le font. Voilà une belle bataille politique en perspective pour les communistes. La décarbonation d’autre part, un chemin dans lequel est déjà engagée l’entreprise, mais le plus grand défi est devant : il s’agit de remplacer les derniers haut-fourneaux par un four électrique, en maintenant la qualité du produit, soit 180 à 200 M€ d’investissement, dont 43 M€ de subventions publiques. Pour dégager des marges de financement, la direction du groupe a récemment cherché à imposer un « pacte social » remettant en cause de nombreux acquis des salariés. Une mobilisation sociale historique en septembre dernier a débouché sur un accord signé par la CGT, syndicat majoritaire, après consultation des salariés. De l’importance d’avoir dans nos entreprises des syndicats forts…

Le travail dans tous ses états ensuite, comme capacité humaine pour vivre correctement, pour répondre aux besoins humains et à l’urgence climatique, pour faire front face à la voracité du capital et à l’extrême droite qui divise. Le soir, en présence de Silvana Silvani, sénatrice, et de nombreux élus de Meurthe-et-Moselle, une rencontre « avec vous, sans tabou » a réuni une centaine de personnes à Blénod et permis de nombreux échanges à partir d’interventions et de témoignages de salariés de la santé, de l’industrie, de l’énergie, du travail social, de retraités ou encore de jeunes étudiants. Un format direct et en grande proximité, très apprécié par les participants.

Le travail comme vecteur d’intégration social enfin, avec une dernière visite sur le bassin de Pont-à-Mousson : l’association « Solidarité nationale et internationale », dont les bénévoles et salariés accompagnent des personnes éloignées de l’emploi et en situation de grande précarité, autour de projets locaux de transition écologique, ou de coopération internationale.

De riches échanges donc, sur un territoire historiquement ancré à gauche mais qui a basculé politiquement en juin 2024 avec l’élection d’un jeune député du Rassemblement national. De quoi renforcer notre conviction que la gauche, si elle veut contribuer efficacement à l’unité des classes populaires et redevenir majoritaire dans le pays, doit renouer avec ce fil conducteur du travail. Une conviction qui mobilise pleinement Julien Hézard, délégué de l’usine visitée et élu aux solidarités dans sa commune de Blénod, et tous nos camarades sur cette circonscription ouvrière et populaire.

Le déplacement de notre secrétaire national s’est terminé à Nancy par une rencontre avec Mathieu Klein, premier magistrat de la ville. Ce sont d’abord deux maires qui ont échangé sur l’austérité budgétaire imposée aux communes. À Nancy et en Meurthe-et-Moselle, les forces de gauche et écologistes agissent ensemble dans le respect de leurs différences, se rassemblent autour de projets concrets pour améliorer la vie et protéger face aux crises multiples. Et ça fonctionne. Les deux responsables politiques se sont ainsi accordés sur une chose : l’enjeu fondamental aujourd’hui pour la gauche et les écologistes est bien de réussir ensemble les élections municipales. Une condition incontournable pour affronter les grands débats nationaux qui viennent et ouvrir des perspectives heureuses pour le pays.

Bora Yilmaz, membre du Conseil national


Article publié dans CommunisteS, numéro 1067 du 16 décembre 2025.