Prix Nobel : la paix n’est pas récompensée

Publié le 13 octobre 2025

Alors que de terribles conflits et d’atroces crimes contre l’humanité ravagent le monde, la désignation de María Corina Machado comme lauréate du prix Nobel de la paix ne peut que générer rejet et incompréhension.

En effet, figure de la droite radicale vénézuélienne, María Corina Machado a depuis des années été partisane d’une voie insurrectionnelle pour renverser le gouvernement vénézuélien, contribuant directement à la crise politique de vit le pays.

De plus, la décision du comité Nobel intervient au moment même où l’administration Trump a déployé d’importants moyens militaires dans la mer des Caraïbes, à proximité immédiate des eaux territoriales vénézuéliennes, et où ces forces ont été utilisées pour bombarder des embarcations accusées de transporter de la drogue, tuant au moins 21 personnes.

Des actes d’une gravité inédite, constituant des exécutions extrajudiciaires et rappelant les heures sombres de la politique impérialiste du « big stick », font peser un risque de guerre sur le continent américain, en contradiction totale avec l’une des avancées majeures pour la paix dans la région ces dernières années, la proclamation par la CELAC de l’Amérique latine comme « zone de paix ».

Cette escalade militaire, explicitement soutenue par Machado, a pour but avoué de se livrer à une ingérence brutale au mépris de la nécessaire souveraineté du peuple venezuelien.

La décision du comité Nobel résonne donc comme un alignement de celui-ci sur la politique étrangère du gouvernement états-unien dans ses aspects les plus brutaux, en instrumentalisant le prestige de cette distinction.

De plus, elle constituera un nouveau point d’appui et de légitimation aux forces d’extrême droite en Amérique latine et en Europe, très proches de Machado, alors même que celles-ci propagent consciemment des discours racistes, sexistes et discriminatoires, aiguisant les tensions au sein des sociétés.

Le PCF réaffirme que l’avenir du Venezuela appartient aux seuls Vénézuéliens s'exprimant librement et souverainement, à travers des élections libres et transparentes, et sans menaces, contraintes ou ingérences extérieurs d’aucune sorte. Les droits démocratiques, les droits humains et des libertés fondamentales de l'ensemble de la population vénézuélienne doivent être respectés.

Le PCF regrette fortement qu'une telle décision jette une nouvelle fois le discrédit sur le prix Nobel de la paix.

Le Prix Nobel de la paix mérite mieux !

Paris, 12 octobre 2025

Parti communiste français

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