Pour Cuba, mobilisons-nous le 11 juin !

Publié le 10 juin 2026

« La patrie vit des heures cruciales, menacée comme jamais auparavant par l’impérialisme, qui croit une fois de plus pouvoir nous plier et mettre fin à la Révolution. » C’est ainsi que Miguel Diaz-Canel, premier Secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et Président de la République, a décrit l’extrême gravité de la situation à Cuba dans son discours délivré le 5 juin dernier au Théâtre Karl-Marx de La Havane à l’occasion du 95e anniversaire de Raul Castro et du 65e anniversaire du ministère de l’Intérieur.

Chaque jour, la direction étatsunienne accable le peuple cubain de nouvelles sanctions. Déjà sous le premier mandat de Donald Trump, l’impérialisme US avait infligé à Cuba 243 nouvelles sanctions, soit une par semaine de mandat. Depuis, un blocus pétrolier total étrangle le peuple cubain, depuis le décret de Trump du 29 janvier dernier. Un seul navire, russe, sur les 40 nécessaires, est parvenu jusque La Havane depuis. Le 1er mai, empêtrée au Moyen-Orient, la Maison-Blanche s’en prend à nouveau à Cuba en étendant l’extraterritorialité des sanctions à toute entreprise et toute entité qui investit à Cuba, même dans le domaine sanitaire. L’ultimatum est parvenu à expiration le 5 juin.

Les prétextes avancés sont bien évidemment fallacieux : la place du GAE dans l’économie ou l’ordre donné en 1996 par Raul Castro d’abattre deux avions d’une organisation contre-révolutionnaire survolant illégalement le territoire cubain (ordre donné après 17 avertissements !).

Cuba a la puissante volonté de ne pas finir comme le Venezuela, où l’impérialisme US a exploité la crise interne et les contradictions du gouvernement Maduro et de la politique vénézuélienne de ces dernières années. Les bases matérielles et politiques internes qui ont rendu possible l’intervention illégale du 3 janvier dernier contre le Venezuela n’existent pas à Cuba.

On voit bien aussi la force donnée par une révolution fondée sur la construction du socialisme dans les conditions et les caractéristiques de Cuba et sur l’exigence de souveraineté nationale, jamais démentie à Cuba. Quel pays capitaliste aurait tenu face à un blocus aussi dur et aussi long ?

Défendre Cuba est au cœur de la politique de solidarité internationale du PCF. Alors que Cuba, depuis 1959, a tant aidé les peuples par l’envoi de missions médicales et éducatives, il est temps d’en faire autant. Nous sommes redevables à Cuba depuis 65 ans. Sauver Cuba aujourd’hui serait un juste retour des choses.

Défendre Cuba, aujourd’hui, c’est défendre la révolution cubaine et le Parti communiste cubain, et les conquêtes déterminantes apportées pour le peuple cubain.

Défendre Cuba, c’est dire stop à Trump et au reploiement de l’impérialisme US. Quels seraient les suivants ? Le Groenland ? La France ? Fin mars, le secrétaire à la Défense a formulé la doctrine de « Grande Amérique du Nord » allant du pôle Nord à l’Équateur, y compris les territoires détenus par la France, comme « espace stratégique » des USA. C’est une aggravation brutale de la doctrine Monroe.

Défendre Cuba, c’est défendre le droit international, c’est lutter contre l’extraterritorialité des lois US.

Défendre Cuba, c’est donc un impératif d’intérêt universel pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Le 11 juin, le groupe GDR met à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale une proposition de résolution « appelant à une action résolue de la France contre le blocus imposé par les États-Unis au peuple cubain ». Elle demande au gouvernement d’actionner les leviers existant contre l’extraterritorialité des lois US, d’agir résolument pour faire lever le blocus criminel des États-Unis contre Cuba et d’activer pleinement les accords bilatéraux de coopération.

À 14 h nous appelons à un rassemblement devant l’Assemblée nationale. Ensemble, disons « stop au blocus » !

Vincent Boulet

responsable du secteur international

Article publié dans CommunisteS, numéro 1090 du 10 juin 2026.

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