Programmation pluriannuelle de l’énergie : manque de vision, fragilisation du système électrique, coût en hausse et déni démocratique !

Publié le 28 avril 2025

Le Parti communiste français dénonce le déni démocratique que constitue l’absence de vote sur la programmation pluriannuelle de l’énergie pour les 10 ans à venir (PPE 3).

Comment un enjeu aussi stratégique – le prix de l’électricité, la souveraineté énergétique et la réussite de la transition écologique – peut-il être examiné sans vote de la représentation nationale ? C’est incompréhensible et inacceptable. Les changements d’orientation ces dernières années, comme cela a été le cas sur le nucléaire avec un retard conséquent à l’arrivée, devraient pourtant servir de leçon !

C’est d’autant plus scandaleux que le plan présenté par le gouvernement conduira à une fragilisation du système électrique et une hausse du coût pour les particuliers comme pour les entreprises.

Soyons offensifs ! Faisons de l’énergie une force pour la France en divisant par 4 les factures d’électricité des ménages et des entreprises et en doublant la production d’électricité en France d'ici 2050.

De plus, cette PPE 3 n’organise pas l’électrification des usages à la hauteur requise accompagnée des indispensables aides aux ménages qui en ont besoin (pour l’achat de véhicules électriques, pour le remplacement des chaudières au fuel...) et reste aveugle sur la flexibilité indispensable du système électrique. En effet, pour répondre aux besoins et réussir la transition écologique, la consommation électrique doit progresser davantage que celle envisagée dans cette PPE, ne faire l’impasse sur aucun secteur et être adaptée au mode de production associant nucléaire et renouvelables.

Comme le PCF le propose dans son plan climat Empreinte 2050, la France a besoin d’une véritable révolution énergétique, fondée sur la reprise en main publique de la filière énergie et une planification rigoureuse : 80 ans après, soyons aussi ambitieux que Marcel Paul en planifiant l’accélération massive de l’électrification et de la production décarbonée, avec des investissements publics massifs et la réappropriation sociale des grands groupes privés avec une grande entreprise publique rassemblant toutes les filières de l’énergie.

Concrètement, il faut accélérer le déploiement des véhicules électriques, des pompes à chaleur et des trains, pour consommer notre électricité nucléaire et renouvelable en lieu et place du pétrole. Dans le même mouvement, il faut un choc d’infrastructures avec, par exemple, l’installation de milliers de bornes de recharge rapides sur les routes, sur les parkings d’entreprises et dans chaque quartier. En outre, la production d’hydrogène vert doit également être pilotée pour servir l’intérêt général. En matière d’industrie, tous les grands secteurs (acier, chimie, ciment, transports…) doivent faire l’objet d’une planification serrée en garantissant emplois et formations.

Pour une nouvelle industrialisation de la France, gagnons la bataille de l’énergie !

Il est temps de remettre l’intérêt général au cœur de la politique énergétique, avec un pilotage démocratique de tous les acteurs concernés, un service public puissant et des investissements massifs, la création de centaines de milliers d’emplois et les formations associées pour garantir à tous un accès à une énergie propre, abordable et sécurisée.

Paris, le 28 avril 2025.

Fabien Roussel,
Secrétaire national du PCF.