Santé mentale des jeunes : grande cause nationale, austérité nationale

Publié le 23 août 2026

Le gouvernement a fait de la santé mentale une « grande cause nationale ». Cette priorité a été reconduite en 2026. Néanmoins, derrière les déclarations, il y a des choix budgétaires.

Dans un courrier daté du 3 juillet dernier, la ministre de la Santé Stéphanie Rist reconnaît elle-même que les Maisons des adolescents jouent un « rôle essentiel » dans notre système de santé et constituent « un maillon central de la politique de santé mentale des adolescents et des jeunes adultes ». Quelques lignes plus loin, elle précise cependant « un cadre budgétaire contraint » et la nécessité de « concilier l’ensemble des priorités ». Mais depuis 5 ans, tous les indicateurs évoluent dans le même sens : la santé mentale des jeunes se dégrade tandis que les capacités de réponse du service public se réduisent.

Près de 30% des 11-24 ans présentent un risque de troubles anxiodépressifs. Chez les filles âgées de 10 à 14 ans, les tentatives de suicide ont augmenté de 118% en cinq ans. Les hospitalisations en psychiatrie des adolescents ont, elles aussi, fortement progressé. Dans le même temps, les délais d’accès à la pédopsychiatrie se comptent souvent en mois.

C’est dans cette situation que le gouvernement envisage de réduire les financements des Maisons des adolescents. Les MDA constituent pourtant l’un des rares dispositifs permettant aux adolescents et aux jeunes adultes de trouver gratuitement, près de chez eux, un lieu d’accueil, d’écoute, de prévention, d’orientation et d’accompagnement pluridisciplinaire.

On en compte aujourd’hui 125 sur le territoire. Plus de la moitié disposent d’antennes de proximité et 22% portent une équipe mobile. Elles accueillent chaque année 100 000 jeunes.

Après avoir renforcé leurs moyens de 15 millions d’euros en 2025, revenir sur ces financements en 2026 et 2027 aurait une conséquence très concrète : réduire les capacités d’accueil et d’accompagnement au moment même où davantage de jeunes en ont besoin.

Le problème dépasse d’ailleurs les seules Maisons des adolescents. La pédopsychiatrie publique manque de professionnel·les, de lits et de structures de proximité. Les CMP et CMPP sont saturés. En 2024, les 482 CMPP accompagnaient plus de 141 000 enfants et adolescents.

Cette situation est le résultat d’années d’affaiblissement de la psychiatrie publique et d’une politique de santé qui a progressivement réduit ses capacités d’accueil, de prévention et de soins.

Le parti communiste français promeut un autre chemin.

Nous demandons la pérennisation et le renforcement des financements des Maisons des adolescents, avec des financements pluriannuels permettant aux équipes de travailler et de développer leur présence sur l’ensemble du territoire.

Nous portons une loi-cadre pour la psychiatrie, le renforcement de la psychiatrie de secteur et de la pédopsychiatrie, l’arrêt des fermetures de structures et de lits ainsi qu’un plan pluriannuel de recrutement et de formation des professionnel·les.

Nous voulons renforcer les CMP et CMPP, développer les équipes mobiles, la prévention et le repérage précoce et garantir à chaque jeune un accès rapide et gratuit aux soins, indépendamment de son lieu de vie et des ressources de sa famille.

Le gouvernement connaît l’état de la santé mentale des jeunes. Il connaît celui de la pédopsychiatrie. Il connaît le rôle joué par les Maisons des adolescents puisqu’il le reconnaît lui-même. Réduire leurs moyens peut demain conduire au décès de nombre de jeunes dépressifs suicidaires. Le PCF alerte sur l'immense responsabilité de l'Etat qui doit agir pour que de tels drames ne se produisent pas !

Le PCF appelle à mobiliser dès à présent les moyens humains et financiers nécessaires et à reconstruire un service public de la santé mentale des jeunes, de la prévention et du soin, présent sur tout le territoire et doté des professionnel·les permettant d'assurer pleinement ses missions.

Paris, le 23 août 2026

Parti communiste français