Série - Le carré rouge #18

Publié le 20 mai 2026

Le carré rouge Waldeck Rochet (18)

En quelques épisodes nous allons vous accompagner pour découvrir le cimetière du Père-Lachaise. Enfin, y prétendre serait présomptueux, aussi au travers d’un aperçu rapide de son histoire, nous nous dirigerons plus particulièrement vers un espace que l’on nommera le « Carré rouge ».

Waldeck Rochet 1905-1983
Originaire de Saône-et-Loire, maraîcher de profession, il sera l’artisan du rapprochement de la paysannerie et de la classe ouvrière. Il succédera à Maurice Thorez, et de 1964 à 1969 il va profondément marquer l’histoire du PCF, la vie politique française et internationale.

Son père, libre penseur, lecteur de la Vie Ouvrière, le prénomme Waldeck en référence à Waldeck Rousseau, à qui l’on doit la loi sur la création des organisations syndicales de 1884. La Révolution d’Octobre, Lénine, l’Humanité et ses racines républicaines, il adhère à la JC en 1923, puis au Parti communiste en 1924.

En 1930 il organise le syndicat paysan et crée des cellules en milieu rural et va suivre l’École léniniste internationale à Moscou.

En 1932 il est responsable du Parti de la région lyonnaise. En 1936 il est responsable de la commission agraire du Comité central, et est élu député de la Seine. En 1937, il est au secrétariat de la Confédération générale des paysans travailleurs, et fonde le journal La Terre qui existe encore aujourd’hui bien que trimestriel.

Élu communiste il est arrêté en 1939, condamné puis emprisonné à la Maison-Carrée d’Alger. Libéré à l’arrivée des Alliés en 1943, il est à Londres en tant que représentant du PCF. Il entre au Bureau politique en 1945, il est vice-président de la Confédération générale de l’agriculture et sera élu député de la Saône-et-Loire jusqu’en 1958. De 1958 à 1973 il sera régulièrement élu de la Seine puis de la Seine-St-Denis et président du groupe communiste à l’Assemblée nationale jusqu’en 1964.

En 1959 il est secrétaire du Comité central, en devient le secrétaire général en 1964 à la mort de Maurice Thorez et va ouvrir de nouveaux horizons.

En 1963, la grève des mineurs dynamise les luttes. En 1965, favorable à l’union de la gauche, le PCF fait le choix de Mitterrand à la présidentielle ; en 1966 le mouvement social est dopé par l’accord CGT-CFDT, et en 1967 le PCF fait 24 % des voix. C’est dans ce contexte qu’arrive « Mai 68 ».

Dans le même temps, en interne le Parti bouge et devient de plus en plus critique vis-à-vis de Moscou. C’est le Comité central de mars 1966, avec la liberté de création et la pluralité des débats en interne. C’est la condamnation publique des procès d’opposants en URSS et de l’intervention soviétique en Tchécoslovaquie. C’est la recherche d’une voie démocratique vers le socialisme avec « Le manifeste de Champigny » en 1968, et celle d’une union de la gauche sur un programme commun de gouvernement.

En 1969, de Gaulle est battu par un référendum, le PS rejette l’union, le Parti présente Jacques Duclos dès le 1er tour de la présidentielle, il échoue d’un rien pour accéder au second tour.

En juin 1969, Waldeck Rochet est gravement affaibli, c’est Georges Marchais, secrétaire général adjoint, qui poursuivra les chemins que Waldeck Rochet avait commencé à ouvrir. Il décède le 17 février 1983 des suites d’une longue maladie. Son nom restera attaché à l’union des forces populaires. Le programme commun arrivera en 1972 et la victoire de la gauche en 1981.

Des milliers de personnes lui rendront hommage au siège du PCF et il sera inhumé au Père-Lachaise entouré de sa famille et des dirigeants du Parti.

Gérard Pellois

Article publié dans CommunisteS, numéro 1087 du 20 mai 2026.