Sérophobie : quarante ans de préjugés, ça suffit !

Publié le 26 août 2026

Nous exprimons tout notre soutien à Christophe Paco et Nicolas Aragona qui ont entamé une grève de la faim devant le tribunal de Reims pour dénoncer la sérophobie dont ils sont victimes.

La séropositivité est une question de santé. Ce sont l’ignorance, les préjugés et la peur de l’autre qui en font un problème de société. La discrimination liée à l’état de santé n’est pas une opinion : c’est une atteinte aux droits qui relève de la justice.

Depuis le début de l’épidémie de VIH dans les années 1980, les personnes vivant avec le virus sont confrontées aux préjugés, au rejet, aux discriminations et parfois à la violence. Plus de quarante ans après, ces représentations continuent de peser lourdement sur des milliers de vies.

En France, environ 180 000 personnes vivent aujourd’hui avec le VIH. En 2025, plus de 5 000 personnes ont découvert leur séropositivité. Derrière ces chiffres, il y a des femmes et des hommes qui travaillent, aiment, fondent une famille et vivent tout simplement.

La sérophobie, ce sont des personnes qui hésitent à parler de leur séropositivité par peur d’être rejetées. Ce sont des personnes qui peuvent craindre de ne plus être désirées ou aimées si elles révèlent leur statut sérologique. Ce sont des discriminations dans les parcours professionnels, l’accès au logement ou aux soins. Ce sont des regards, des paroles, des attitudes et des violences qui rappellent aux personnes vivant avec le VIH qu’elles sont encore trop souvent considérées à travers leur séropositivité plutôt qu’à travers ce qu’elles sont.

Ces discriminations sont d’autant plus inacceptables que les progrès médicaux ont profondément changé la vie. Une personne vivant avec le VIH et bénéficiant d’un traitement efficace peut aujourd’hui vivre normalement. Lorsqu’elle a une charge virale indétectable, elle ne transmet pas le VIH par voie sexuelle.

Au-delà des progrès médicaux, nous rappelons que chaque année les transmissions d’IST augmentent. Face à cette réalité inquiétante, l’État doit prendre ses responsabilités et renforcer massivement les politiques publiques de prévention, de dépistage et d’accès aux soins.

Nous demandons en outre que la sérophobie soit explicitement reconnue comme une discrimination par la loi du 27 mai 2008, afin de mieux protéger les personnes vivant avec le VIH et de leur garantir l’effectivité de leurs droits.

Nous voulons également renforcer les politiques de sensibilisation et d’éducation sur le VIH, notamment sur le principe « Indétectable = Intransmissible » (I=I), lutter contre les discriminations dans l’accès aux soins, à l’emploi et au logement et donner aux personnes victimes de sérophobie les moyens de faire valoir leurs droits.

Paris, le 26 août 2026

Parti communiste français.