À Toulouse, plus de 1 000 communistes se sont retrouvés pour trois jours de rencontres, de formation et de débats, autour de plus de 60 ateliers et près de 90 intervenantes et intervenants. Autant de savoirs, d’expériences et de regards croisés pour comprendre le monde et mieux y agir. Toulouse, « là où les briques sont roses et les cœurs rouges », comme l’a joliment dit Bastien Bonnargent, secrétaire général du MJCF, a accueilli cette Université d’été avec chaleur, jusque dans le beau banquet populaire qui a prolongé les échanges. La culture y a aussi trouvé sa place, avec la diffusion du court-métrage La Rage au cœur et l’avant-première des Survivants du Che, en présence de son scénariste et réalisateur.
De ces trois jours se dégage d’abord une exigence, celle de regarder le monde tel qu’il est, sans détourner les yeux et sans se raconter d’histoires. Les bouleversements internationaux, le dérèglement climatique, les nouveaux rapports de force, les transformations du travail et de la société, la progression de l’extrême droite ou encore l’irruption de l’intelligence artificielle dans notre quotidien appellent la même démarche : comprendre plutôt que se rassurer, saisir les contradictions plutôt que céder aux évidences.
Cette exigence de lucidité vaut aussi pour la séquence politique qui s’ouvre. Dans le prolongement des orientations prises lors du 40ᵉ Congrès, cette Université d’été a donc été l’occasion de travailler au projet de transformation sociale qui sera défendu en 2027, tout en ouvrant le débat avec les autres forces politiques de gauche. Ce projet politique ne se résume pas à une échéance électorale mais se construit dans le temps, à partir d’une vision de la société et des moyens de la transformer. Quelle industrie, quelle transition écologique, quelle recherche, quelle école, quel logement, quels services publics ? Quelle planification pour répondre aux défis contemporains ? Le débat entre Léon Deffontaines et Clément Beaune, Haut-commissaire à la stratégie et au plan, en aura fourni une belle illustration avec des désaccords assumés mais une même exigence de confrontation des idées.
Cette ambition de comprendre le réel conduit naturellement à défendre celles et ceux qui le cherchent, l’étudient et contribuent à le rendre intelligible. Or il y a urgence, tant la recherche est confrontée à la précarité, aux conditions de travail dégradées et au dénigrement. À l’heure où les discours simplistes et irrationnels prétendent parfois tenir lieu de vérité, chercheuses et chercheurs ont eu, une fois encore, toute leur place dans cette Université d’été des communistes. Car défendre la connaissance, c’est faire vivre l’un des fils les plus profonds de l’histoire communiste : réfléchir pour agir, apprendre pour s’émanciper. Ne jamais séparer la connaissance de l’action, ne jamais tenir les certitudes pour définitives, accepter de mettre ses analyses à l’épreuve et, lorsque cela l’exige, savoir les réviser pour continuer à agir sur le monde.
Se former, comprendre et apprendre auprès d’une chercheuse, d’un ouvrier, d’une enseignante, d’un syndicaliste, d’un artiste, d’une élue, c’est au cœur de l’engagement communiste. Car lorsque les idées, les savoirs et les expériences se rencontrent, l’intelligence devient collective et cette Université d’été 2026 en aura été l’une des plus belles illustrations.
Nicolas Tardits
Article publié dans CommunisteS, numéro 1097 du 26 août 2026