Le 27 octobre 2005, Zyed Benna et Bouna Traoré, deux adolescents âgés respectivement de 17 et 15 ans trouvèrent la mort le 27 octobre 2005 à Clichy‑sous‑Bois en Seine-Saint-Denis, électrocutés après avoir pénétré dans un transformateur électrique alors qu’ils tentaient d’échapper à un contrôle de police.
Cet événement tragique, déclencheur d’une des plus importantes explosions de colère dans les banlieues françaises, éclaira le désarroi d’une partie de la jeunesse face à l’injustice, à la stigmatisation, à l’absence de perspectives, aux contrôles au faciès et aux comportements violents de certains policiers.
Le PCF réaffirme sa solidarité avec les familles de Zyed et Bouna, et avec toutes celles et ceux qui subissent encore aujourd’hui l’injustice sociale, les inégalités territoriales, le racisme et les discriminations. Derrière ces deux prénoms se trouvent un vécu, des vies arrachées, des parents, des proches et des quartiers endeuillés.
Vingt ans après, la justice n’a pas permis de véritable réparation. Les policiers poursuivis pour non-assistance à personne en danger ont été relaxés en 2015. Cette décision a nourri le désespoir et la colère. A l'heure où des voix s'élèvent à l'extrême droite et dans la droite extrêmisée pour réclamer un régime d'exception pour les forces de l'ordre, le PCF rappelle que la police est un service public dont l’action doit toujours s'exercer dans le cadre de l'État de droit.
Dans les banlieues populaires de nos villes comme dans les communes rurales de notre pays, une même souffrance est là dans la jeunesse, dans le monde du travail, et un même sentiment de relégation, provoqué par des décennies de politiques néolibérales.
Le PCF appelle l'État à entendre le cri de la jeunesse, des associations et des élus locaux et à prendre enfin ses responsabilités. Il demande l'organisation d'un Grenelle pour l’égalité des territoires et contre toutes les discriminations, rassemblant tous les acteurs et actrices concernés.
Le PCF propose un plan de réconciliation nationale par l'égalité républicaine autour de trois exigences :
- Une politique progressiste de proximité pour la tranquillité publique : nouvelle organisation des forces de police et redéfinition de leurs missions (formation, déontologie, moyens, rémunérations, doctrine d’emploi…), plan de sauvetage de la justice*
- Un plan pour l'égalité républicaine dans toutes nos communes : mesures d'urgence et moyens associés, lutte contre le racisme et toutes les discriminations, développement du logement social, des services publics de proximité, de la culture, mesures de justice sociale pour le climat.
- Un pacte pour la jeunesse qui engage la nation : service public national de la protection de l'enfance, éducation et formation renforcées, zéro jeune au chômage, un statut social pour les jeunes.
Nous devons transformer la mémoire de ce tragique événement en moteur de la transformation sociale. Il est temps de tourner la page de l'abandon. La jeunesse doit pouvoir vivre dans la dignité, l'égalité, l'espoir. La mémoire de Zyed et Bouna nous commande d'agir enfin concrètement pour faire advenir de nouveaux Jours heureux partout dans le pays et pour tous et toutes.
Paris, le 27 octobre 2025
Parti communiste français.