Le 6 mars 2026, le Tribunal contentieux électoral (TCE) de l’Équateur a suspendu pour une durée de neuf mois le parti Révolution citoyenne (Revolución Ciudadana, RC5), principale organisation politique de gauche dans le pays. La décision du TCE est intervenue à peine 48 heures après la demande formulée par le procureur général par intérim, Carlos Alarcón, pour une affaire de financement illégal de la campagne de 2023 depuis le Venezuela. Le motif invoqué, la célérité de l’exécution de la demande, mais aussi le contexte dans lequel cette suspension a été prononcée, font peser de sérieux doutes sur les raisons réelles de cette décision et font peser un risque important sur la démocratie équatorienne.
En effet, la suspension de RC5 intervient alors que se profilent les élections locales de janvier 2027, lors desquelles seront élus les 222 maires et 23 préfets de provinces (gouverneurs) du pays. La décision du TCE représente donc une grave menace pour la capacité de RC5 de mener campagne librement, voire de se présenter en tant que telle au prochain scrutin, cela alors même qu’elle représente la plus grande force d’opposition au gouvernement de droite, pro-impérialiste de Daniel Noboa.
Une force qui se matérialise également au plan local, RC5 dirigeant actuellement les principales collectivités locales d’Équateur, notamment les mairies de Quito, Guayaquil ou les provinces de Pichincha et Guayas.
Le Parti communiste français (PCF) exprime son inquiétude devant la suspension de RC5 et la menace que celle-ci fait peser sur la démocratie et le libre exercice de la souveraineté du peuple équatorien. Il demande à ce que soient rétablis au plus vite les droits de RC5 et que le processus électoral de 2027 soit dès à présent garanti.
Paris, le 10 mars 2026,
Parti communiste français