Samedi matin, 8 heures, à l’ombre du château d’Aubenas. La table est installée, les exemplaires de l’Humanité Dimanche soigneusement alignés. Un café à la main, les deux camarades du point fixe hebdomadaire échangent avec quelques habitués et commentent les dernières nouvelles locales. Dans deux heures, les rues et le marché seront envahis par les touristes. Mais la vente, elle, a déjà commencé.
Militer l’été en Ardèche, c’est cela : aller à la rencontre d’un nouveau public sur les marchés, maintenir les points de diffusion de l’Humanité et profiter de cette période particulière où chacun semble avoir davantage de temps pour s’arrêter, discuter, écouter. Parmi les vacanciers, on croise parfois des camarades venus d’autres départements, mais surtout des personnes qui, loin du rythme du travail, prennent le temps d’échanger sur la politique, la situation du pays et les choix qui s’offrent à nous.
Tout au long de l’été, les communistes ardéchois maintiennent ainsi trois points fixes dans le sud du département. Chaque samedi matin, les camarades se relaient pour que la diffusion de l’Humanité ne s’interrompe pas. Entre le journal de la semaine, le tract du moment et les discussions qui s’engagent au fil des rencontres, la vignette de la Fête de l’Humanité trouve naturellement sa place et les militants la dégainent régulièrement.
Car avant de vendre une vignette, nous voulons donner envie de venir à une fête qui constitue, par son histoire comme par son contenu, un rendez-vous politique, populaire et culturel unique. Derrière, on propose le bus, on indique où trouver la fédération là où l’on vit et on donne quelques billes.
Dans un département où Pierre-Édouard Stérin a réussi à faire élire l’un de ses proches à l’Assemblée nationale, la bataille culturelle prend une résonance particulière. Face aux tentatives d’imposer partout les idées de l’extrême droite et de ses relais, nous faisons le choix de la rencontre, de la discussion et de la curiosité.
Alors, plutôt que de se contenter de dénoncer les « banquets du Canon français » qui se multiplient dans la région, les camarades proposent une alternative concrète : la Fête de l’Humanité. Pour la moitié du prix, dix fois plus de débats, de concerts, de rencontres et de culture…, de fête tout simplement. Nous mettons en avant l’authentique, le vrai goût du collectif et de la fraternité. C’est toujours l’occasion de leur dire qu’ils se font rouler par Stérin et l’extrême droite de manière très concrète… et que le repas n’est pas si bon et garni qu’annoncé !
Sur les marchés, l’enjeu est donc autant de vendre des vignettes que de faire connaître la Fête, d’en expliquer le sens et d’ouvrir une porte vers le mouvement communiste d’où que viennent les passants. La vignette devient un prétexte à la discussion, un outil pour politiser l’été et mener la bataille culturelle autrement : partir du quotidien, susciter l’intérêt, donner envie de découvrir.
À Aubenas comme aux Vans, sous le soleil ardéchois, les camarades tiennent la table. Et derrière chaque vignette vendue, c’est déjà un peu de la Fête de l’Humanité qui commence.
Mathieu Soares
secrétaire départemental
Article publié dans CommunisteS, numéro 1098 du 2 septembre 2026